Hauts-de-France

Plomb et saturnisme

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Peinture écaillée sur un mur
Le saturnisme est une imprégnation excessive des individus, en particulier des enfants, au plomb. L’intoxication au plomb peut entraîner chez l’enfant des difficultés d’apprentissage, des troubles du comportement et du sommeil, une baisse de l’audition, des signes digestifs...
Tout cas de saturnisme infantile doit faire l'objet d'une déclaration à l'ARS par le médecin qui a prescrit la plombémie.
Corps de texte
  • Les poussières et débris de peinture des habitations construites avant 1975 (et surtout celles datant d’avant 1949), en particulier en cas de travaux de rénovation en cours ou intervenus dans les six derniers mois, pouvant contribuer à répandre le plomb.
  • La fréquentation régulière d’un site industriel rejetant ou ayant rejeté du plomb dans les sols et dans l’air. Cette pratique est de plus en plus rare et de mieux en mieux contrôlée.
  • L’eau du robinet contaminée par des canalisations en plomb. Les installations publiques sont désormais exemptes de plomb, mais les installations privées vétustes peuvent en contenir. Elles sont néanmoins progressivement remplacées, grâce à la réhabilitation progressive des logements anciens.
  • Une activité professionnelle ou de loisir exposant au plomb : restauration de vitraux, travail dans une fonderie, fabrication de céramiques ou d’objets émaillés, fabrication de munitions ou d’objets en plomb (plombs de pêche ou petits soldats par exemple).
  • L’alimentation, via la contamination des sols et de l’air par le plomb. Sont en particulier concernés les aliments qui proviennent de pays utilisant encore de l’essence au plomb (ce qui n’est pas le cas de la France). 
  • L’utilisation de vaisselles artisanales ou cosmétiques traditionnels (notamment le khôl) contenant du plomb.

Certaines sources d’exposition sont spécifiques aux enfants :

  • Un stock élevé de plomb à la naissance, hérité de la mère au cours de la grossesse.
  • L’ingestion d’écailles de peinture et de poussières contaminées via le portage mains-bouche.

 

  • Lavez les fruits et les légumes que vous consommez
  • Vous laver les mains régulièrement

Si vous habitez un immeuble ancien (avant 1949) et que vous avez de jeunes enfants :

  • Consultez le Constat de risque d’exposition au plomb (CREP) réalisé sur votre logement : celui-ci doit être joint aux actes de vente ainsi qu’aux contrats de location signés après le 12 août 2008 (s’il ne l’a pas été, demandez-le au propriétaire ou au syndic de copropriété) ; le propriétaire est tenu de réaliser les travaux pour supprimer les risques d’exposition au plomb. celui-ci vous fournira les informations suivantes :
  1. localisation des parties habitées ou fréquentées par des mineurs
  2. observation de l'état conservations des substrats (peintures, plâtres, boiseries...),
  3. information sur la concentration de plomb sur les éléments unitaires mesurés (murs, portes, cadres de portes, appui de fenêtre…),
  4. repérage d‘éventuels autres facteurs de dégradation du bâti (affaissement de planchers, plafonds, infiltrations…)
  • Recouvrez les peintures écaillées (avec du papier peint, de la toile de verre, ou du carrelage en fonction de l’humidité de la pièce) pour que l’enfant n’y ait plus accès.
  • Prenez des précautions lors des travaux sur les peintures (éloignez les enfants, changez de vêtements, éliminez les poussières après travaux…).
  • Procédez au nettoyage humide des sols (cela met moins de poussières en suspension dans l’air que le balai ou l’aspirateur) et aérer souvent votre logement pour en chasser l’humidité (cela évite la dégradation des murs).
  • Lavez souvent les mains des enfants, surtout avant les repas, couper les ongles courts.
  • Sortez le plus souvent possible les enfants du logement.

 Brochure Prévenir l'intoxication au plomb des jeunes enfants

Les effets nocifs du plomb sur la santé sont corrélés à l’importance de l’imprégnation dans l’organisme. 

Les signes cliniques chez l’enfant, lorsqu’ils sont présents, sont en général peu spécifiques :

  • troubles digestifs vagues : anorexie, douleurs abdominales récurrentes, constipation, vomissements,
  • troubles du comportement (apathie ou irritabilité, hyperactivité), troubles de l'attention et du sommeil, mauvais développement psychomoteur,
  • pâleur en rapport avec une anémie.

Chez l’adolescent, le plomb augmente les risques de maladie rénale chronique et d’hypertension artérielle, altère la qualité du sperme et diminue la fertilité masculine.

 

Chez la femme enceinte, il altère le développement fœtal et le déroulement de la grossesse. 

  • L’intoxication au plomb est le plus souvent silencieuse. Des signes cliniques peuvent se manifester, mais ils sont peu spécifiques : troubles digestifs vagues (anorexie, douleurs abdominales récurrentes, constipation, vomissements), troubles du comportement (apathie ou irritabilité, hyperactivité), troubles de l'attention et du sommeil, mauvais développement psychomoteur, pâleur en rapport avec une anémie.
  • Le diagnostic de l’intoxication au plomb ne peut être établi que par un dosage de la plombémie (mesure de la concentration de plomb dans le sang), prescrit aux individus présentant des facteurs de risque. 

La plombémie de dépistage (consultation et acte) est prise en charge à 100 %  par arrêté du 18 janvier 2005.

De même, le suivi d’un enfant avec plombémie 50µg/L est pris en charge à 100 % (ALD) depuis juin 2015

Le saturnisme est une maladie à déclaration obligatoire. De ce fait, toute plombémie supérieure à 50µg/L chez un mineur (cas de saturnisme infantile) doit être déclarée à l’ARS par le médecin prescripteur de la plombémie de dépistage, et donne lieu à une enquête environnementale par les services de l’ARS. Certains services communaux d’hygiène et de santé (SCHS), ont également la possibilité de réaliser ces enquêtes selon leurs compétences.

L’enquête environnementale vise à déterminer la ou les sources de l’exposition au plomb, afin dans un premier temps de réduire le plus possible l’exposition et dans un 2ème temps, si cela est réalisable, de procéder à l’éviction de la ou les sources.

Une information des familles comprenant des conseils hygiéno-diététiques et une surveillance biologique rapprochée, sont également mis en place par le médecin traitant en lien avec l’ARS. 

Dans le cas d’une plombémie d’une valeur située entre 25 et 50µg/L, les mêmes conseils et suivi biologique sont à prodiguer sous la seule responsabilité du médecin traitant

> Télécharger le formulaire de déclaration obligatoire du saturnisme infantile

Le formulaire de déclaration doit être envoyé au point focal régional de l’ARS :

Dans le cadre d’une suspicion d’exposition au plomb chez l’enfant mineur, l’ARS incite les familles à la réalisation de plombémie.

En cas de découverte d’un cas de saturnisme chez une personne mineure (plombémie atteignant 50µg/L) :

  • réalisation d’une enquête environnementale par l’ARS et/ou le service communal d’hygiène et de santé, pour rechercher les sources d’intoxication (habitat, lieux de garde, autres lieux de vie, eau du robinet, alimentation, sources industrielles, …)
  • s’il s’avère que des revêtements dégradés contenant du plomb sont à l’origine de l’intoxication, le préfet peut prescrire des travaux de suppression d’exposition au plomb
  • suivi de l’évolution des plombémies en relation avec le médecin traitant