Ce moustique peut transmettre des maladies comme la dengue, le chikungunya ou encore le zika. Chaque année, l'ARS Hauts-de-France intensifie ses actions pour freiner sa prolifération dans la région et empêcher la propagation de ces maladies, en collaboration étroite avec les autorités locales, les établissements de santé, et la mobilisation des usagers.
Cette espèce de moustique est par ailleurs un vecteur potentiel de virus comme ceux de la dengue, du Zika ou du chikungunya. Jusqu’à présent, aucun cas autochtone (c’est-à-dire non importé d’une zone d’endémie) de ces 3 maladies n’a été signalé en Hauts-de-France. Cependant, le moustique tigre a été mis en évidence ponctuellement sur deux communes de la région :
- Dans l’Aisne à Laon en 2017.
- Dans l’Oise à Le-Mesnil-en-Thelle depuis 2023.
Les départements de l’Aisne et de l’Oise sont donc considérés comme faiblement colonisés. Dans les autres départements de la région, le moustique tigre n’est pas implanté mais il a été observé sporadiquement.
En savoir plus sur la présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine.
Dans le cadre de la lutte contre les maladies vectorielles, la période de surveillance renforcée s’étend de mai à novembre, période durant laquelle l’activité du moustique tigre (Aedes albopictus) est la plus intense. L’Agence régionale de santé (ARS) Hauts-de-France pilote la mise en œuvre du dispositif de lutte antivectorielle (LAV), qui repose sur une stratégie globale combinant surveillance, intervention rapide et mobilisation collective.
Une surveillance étroite du moustique et des cas humains
La lutte contre le moustique tigre s’appuie sur une double surveillance :
- Une surveillance entomologique active et participative
Un réseau d’environ 500 pièges pondoirs est déployé sur l’ensemble des 5 départements, notamment dans les zones à risque d’introduction. Lorsqu’un piège est installé sur une commune, le maire est informé en début de saison par l’opérateur mandaté par l’ARS, Altopictus. Ce dispositif est complété par une surveillance dite « passive », reposant sur les signalements effectués par les citoyens. - Une surveillance épidémiologique renforcée
Les cas de dengue, chikungunya et Zika — des maladies à déclaration obligatoire — font l’objet d’un signalement immédiat à l’ARS par les professionnels de santé. Cette réactivité permet d’engager sans délai les investigations nécessaires et de limiter les risques de transmission locale.
Des interventions rapides et adaptées au contexte local
Dès lors que le moustique tigre est détecté ou qu’un cas d’arbovirose est confirmé, des mesures de gestion graduées sont mises en œuvre :
- enquêtes épidémiologiques et entomologiques,
- suppression des gîtes larvaires,
- traitements larvicides, voire adulticides si la situation l’exige.
Ces interventions sont coordonnées par l’ARS et déployées par son opérateur Altopictus, en lien étroit avec les collectivités locales. Dans certains cas, les habitants concernés sont directement informés afin de renforcer les mesures de prévention autour des zones à risque.
Un moustique bien identifié et difficile à contenir sans vigilance
Le moustique tigre se distingue par :
- sa petite taille (environ 5 mm),
- ses rayures noires et blanches caractéristiques,
- une ligne blanche sur le thorax,
- une activité principalement diurne.
Espèce urbaine, il évolue à proximité immédiate de son lieu de naissance et se déplace peu (moins de 150 mètres au cours de sa vie). Il se reproduit dans de très petits volumes d’eau : un simple bouchon peut suffire.
La prévention : un levier essentiel à l’échelle individuelle et collective
La lutte contre le moustique tigre repose avant tout sur l’élimination des eaux stagnantes, condition indispensable pour stopper son développement. Les bons réflexes à adopter :
- vider régulièrement les coupelles, vases et contenants,
- couvrir les réserves d’eau (cuves, récupérateurs),
- entretenir les gouttières et les regards d’évacuation,
- remplir de sable les coupelles de pots de fleurs si elles ne peuvent être supprimées.
L’ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa répartition. Il s'agit d'une démarche citoyenne permettant ainsi de compléter les actions mises en place. Rendez-vous sur le site www.signalement-moustique.fr où un questionnaire vous permettra de vérifier rapidement s'il s'agit bien d'un moustique tigre.
Vous pouvez aussi agir :
« Ne laissons pas le moustique tigre s’installer ! Les bons gestes à adopter »
Au-delà de la surveillance entomologique (surveillance des populations de moustiques), le dispositif prévoit une surveillance épidémiologique (surveillance des cas humains). Celle-ci repose tout au long de l’année sur le système de déclaration obligatoire à l'ARS des cas confirmés de Dengue, Chikungunya ou Zika par les médecins ou les biologistes. La déclaration obligatoire concerne les cas importés et les cas autochtones, car des investigations sont nécessaires dans tous les cas.
En cas de suspicion de dengue, chikungunya ou zika, il convient de demander au patient de se protéger des piqures de moustique et de limiter ses déplacements pendant toute la durée de la période virologique (jusqu’à J+7 après le début des symptômes). Effectivement, si un patient est infecté et qu'un moustique de type Aedes le pique, ce dernier peut devenir vecteur du virus et contaminer une autre personne de son entourage en la piquant.
Par ailleurs, devant tout cas suspect, il est recommandé de rechercher simultanément les trois infections en raison de symptomatologies souvent peu différentiables et d’une répartition géographique superposable (région intertropicale).
Les communes sont des acteurs essentiels du dispositif. Le maire peut désigner un référent communal LAV, chargé :
- de sensibiliser les habitants,
- de veiller à l’absence de gîtes larvaires dans les espaces publics (jardins, cimetières, voirie…).
Cette coordination de proximité renforce l’efficacité des actions engagées.
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