Hauts-de-France

Cancers : dépistage organisé

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Le diagnostic précoce des cancers permet d’optimiser la prise en charge et d’améliorer son efficacité. Trois programmes nationaux de dépistage organisé sont mis en œuvre en France et dans la région : celui du cancer du sein, du cancer colo-rectal et du col de l'utérus.
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Pour beaucoup de cancers, plus le diagnostic est fait tôt, moins les traitements sont lourds et meilleures sont les chances de guérison. L’intérêt du diagnostic précoce est ainsi de mieux soigner, mais aussi de limiter les séquelles liées à certains traitements.

Les deux moyens d’agir pour permettre un diagnostic précoce sont :

  • le dépistage, lorsqu’il existe, c’est-à-dire la réalisation d’examens de détection ou de surveillance alors qu’on se sent en bonne santé ;
  • la détection précoce, c’est-à-dire l’identification de signes d’alerte dès leur apparition.

La démarche de dépistage

L’objectif du dépistage est de pouvoir diagnostiquer un cancer à un stade précoce, même s’il ne produit pas encore de symptômes, pour favoriser les chances de guérison. Ainsi, pour le dépistage du cancer du sein, la mammographie permet de découvrir des anomalies qui ne sont encore ni visibles, ni palpables.

Dans certains cas, le dépistage peut permettre de détecter une lésion dite « précancéreuse » et d’agir préventivement pour éviter son évolution vers un cancer.

Les cancers qui se dépistent

Proposer un dépistage organisé suppose qu’un certain nombre de critères soient rassemblés. Ces critères concernent :

  • la maladie elle-même : il faut qu’elle soit fréquente et entraîne une mortalité importante, mais aussi qu’elle soit détectable à un stade auquel elle peut être soignée ;
  • la performance des tests de dépistage ;
  • l’existence de traitements efficaces pour ce type de cancer.

Par ailleurs, les cancers peuvent se dépister selon différentes modalités :

  • on parle de dépistage « organisé » lorsque les pouvoirs publics invitent à intervalles réguliers une partie de la population à pratiquer régulièrement un examen bien précis ;
  • on parle de dépistage « individuel » lorsque cette démarche est envisagée dans le cadre de la relation entre un patient et son médecin.

Par ailleurs, pour les personnes présentant des facteurs de risque particuliers, une surveillance spécifique est proposée.

Les examens de dépistage

Actuellement, les pouvoirs publics ont mis en place trois programmes de dépistage organisé :

  • le dépistage du cancer du sein : les femmes de 50 à 74 ans sont invitées, tous les deux ans à se faire dépister (mammographie et examen clinique) ;
  • le dépistage du cancer colorectal : les hommes et les femmes de 50 à 74 ans sont invités, tous les deux ans, à réaliser à domicile un test de recherche de sang dans les selles.
  • le dépistage du cancer du col de l’utérus : ce dépistage est en cours de généralisation et repose sur la réalisation d’un frottis cervico-utérin, recommandé chez les femmes de 25 à 65 ans tous les trois ans, après deux premiers frottis normaux réalisés à un an d’intervalle.

Lorsqu’une anomalie est décelée, des examens complémentaires plus approfondis sont nécessaires pour confirmer ou non la suspicion de cancer.

Dépister n’est donc pas diagnostiquer : au final, seuls le prélèvement et l’analyse des cellules et tissus concernés (examens anatomo-cyto-pathologiques) permettent de poser un diagnostic avec certitude.

Par ailleurs, des examens spécifiques peuvent être prescrits en cas de facteurs de risque particulier. On est alors dans une démarche de surveillance spécifique.

Des conseils de dépistage, cliquez ici

La détection précoce : identifier les signes d’alerte

L’autre moyen d’agir pour permettre un diagnostic précoce de cancer est la détection précoce, en présence de symptômes ou de signes d’alerte.

Ainsi, les cancers de la peau ne peuvent pas être « dépistés » au sens strict puisqu'on ne peut pas les identifier avant l'apparition de symptômes. Il est cependant possible de les détecter précocement grâce à un examen régulier de l'ensemble de la peau, mené par un dermatologue.

Même en cas de dépistages effectués régulièrement, il est important de rester attentif à certains symptômes. Ces symptômes ne signifient pas nécessairement la présence d’un cancer. Ils peuvent, en effet, être la conséquence d’autres problèmes de santé. Toutefois, il est important de les surveiller et de ne négliger aucun signe inhabituel.

identifier les signes d'alerte du cancer

 

Les facteurs de risques

Un cancer n'est jamais le résultat d'une cause unique. Il faut un ensemble de facteurs, susceptibles d'interagir entre eux, pour que la maladie se développe. Un certain nombre de ces facteurs, externes et internes, ont été identifiés.

Internes :
Liés à l’âge ou à l’histoire familiale.

Liés aux modes de vie

  • le tabac,
  • La consommation d’alcool,
  • Le surpoids et l'obésité, 
  • Une alimentation déséquilibrée 
  • Un manque d'exercice physique,
  • Une exposition excessive aux rayonnements UV,
  • L'exposition à certains virus ou bactéries.

Liés à l’environnement :

  • Le contact avec certains produits physiques et chimiques, notamment dans le cadre professionnel (amiante, benzène, poussière de bois...), 
  • L'exposition à certaines substances polluantes présentes dans l'air, la terre ou l'eau, 
  • Les rayonnements (d'origine naturelle, comme le radon, ou artificielle comme les rayons X).

Les facteurs protecteurs

  • Arrêter le tabac,
  • Réduire ou arrêter la consommation d’alcool,
  • Manger équilibré : consommer plus de fruits et de légumes, diminuer la consommation de viande rouge, de charcuteries et de sel,
  • Pratiquer une activité physique régulière.

Après le cancer du poumon, le cancer colorectal reste le deuxième cancer le plus meurtrier en France avec environ 18 000 décès par an. C'est le 3ème cancer le plus fréquent chez l'homme, après celui de la prostate et du poumon et le 2ème chez la femme après celui du sein. Diagnostiqué 9 fois sur 10 après 50 ans, le cancer colorectal touchera 1 personne sur 30 au cours de sa vie.

Or, plus ce cancer est détecté tôt, moins les traitements sont lourds et plus les chances de guérison sont importantes (90 % des cas).Le cancer colorectal fait depuis 2009 l'objet d'un programme de dépistage organisé qui vise à réduire la mortalité. Le dépistage permet en effet d’identifier et de traiter des lésions précancéreuses avant qu’elles ne dégénèrent en cancer. 

Organisation du dépistage

Les personnes âgées de 50 à 74 ans sont invitées tous les 2 ans à se rendre chez leur médecin traitant qui décide, en fonction des antécédents, de l’opportunité de faire ou non un test immunologique. Il détermine, en fonction de votre histoire personnelle et familiale, si ce test est approprié.
Certaines personnes ne justifient pas d’un test immunologique, mais relèvent d’un suivi individuel consistant en une coloscopie directe réalisée par un gastro-entérologue. Si c’est le cas, le médecin délivre le test et explique comment procéder de manière précise. Il informe de l’intérêt et des limites de ce dépistage, et des examens éventuels en cas de test positif. 

Le test immunologique 

Il consiste à rechercher du sang sur des fragments de selles. Ce prélèvement, simple et rapide, est à faire chez soi. Il permet de prélever de manière très hygiénique un échantillon de selles grâce à une tige à replacer dans un tube hermétique.
Lorsque la recherche est positive, le patient est invité à réaliser une coloscopie par un gastroentérologue. La coloscopie permet de détecter le cancer colorectal, mais également d’enlever des tumeurs bénignes susceptibles de se cancériser. 

Le patient n'a pas de frais à avancer

Le kit est remis gratuitement par le médecin traitant à son patient et l'analyse du test est automatiquement prise en charge à 100% par l'Assurance maladie. Le patient envoie gratuitement l’échantillon par La Poste, pour analyse, dans l’enveloppe T fournie avec le test. Les résultats sont adressés au patient ainsi qu’à son médecin traitant.

Le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein reste faible.

Le dépistage organisé du cancer colorectal a été généralisé en 2009. Le taux de participation au dépistage organisé est de 29,3 % en 2015-2016.

Cette participation reste en deçà des objectifs fixés : l’objectif européen fixe un taux de participation au dépistage organisé du cancer colorectal à 45%. On constate par ailleurs des disparités territoriales de participation. Les Hauts-de-France ont ainsi un taux de participation proche de la moyenne nationale avec toutefois des taux de participation qui oscillent entre 27,5% et 32,7% selon les départements.

Taux de participation au dépistage organisé du cancer colorectal en Hauts-de-France
Années 2015 - 2016

France 29,30 %
HdF 28,70 %
Aisne (02) 32,70 %
Nord (59) 27,50 %
Oise (60) 28,10 %
Pas de Calais (62) 29,80 %
Somme (80) 27,50 %

En savoir plus : 

Institut national du cancer - Dépistage du cancer colorectal 

Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes en France. Si le cancer est détecté à un stade précoce, la survie relative à 5 ans est supérieure à 90 %. Il est donc impératif de pouvoir dépister tôt ce cancer afin de le traiter efficacement.

En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. C’est aussi la 1ère cause de mortalité par cancer chez la femme, avec près de 12 000 décès par an. Pourtant, s’il est détecté tôt, ce cancer est guéri dans 9 cas sur 10. Son dépistage est donc un enjeu majeur de santé publique. 

Organisation du dépistage

Les femmes de 50 à 74 ans sont invitées tous les 2 ans à bénéficier d’un examen des seins suivi d’une mammographie de dépistage gratuite sans avance de frais chez le radiologue de leur choix sur une liste jointe à l’invitation (en ville ou à l’hôpital). Dans 15% des cas environ, les seins étant plus denses, une échographie est également nécessaire (remboursée à 70% par l’assurance maladie).

Les mammographies sont interprétées dans un premier temps par le radiologue choisi puis font systématiquement l’objet d’une seconde lecture par un deuxième radiologue indépendant. Cette seconde lecture est importante : elle permet de dépister en moyenne 6% des cancers diagnostiqués dans le cadre du dépistage organisé. Enfin, lorsque la mammographie est anormale ou qu’un symptôme clinique suspect est découvert, un bilan de diagnostic immédiat est réalisé.
 
Le programme de dépistage du cancer du sein : les réponses à vos questions

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Pourquoi choisir le dépistage organisé du cancer du sein ?

Dans la mesure où le dépistage du cancer du sein comprend un examen clinique des seins et une mammographie qui sont des actes individuels, beaucoup pensent qu’il n’y a aucune différence entre le dépistage organisé et le dépistage individuel, et que seule la compétence du radiologue compte. Or, le programme de dépistage organisé du cancer du sein répond à des règles strictes garantissant sa qualité. Ces règles précisent les conditions nécessaires à sa mise en place tant au niveau des professionnels de santé que des installations de mammographie.

La qualité du programme s’appuie ainsi sur :

  • l’agrément et la formation des professionnels de santé ;
  • la seconde lecture systématique des clichés considérés comme normaux ou bénins par un second radiologue indépendant ;
  • un bilan diagnostique immédiat en cas de mammographie positive ;
  • le contrôle régulier des installations ;
  • l’évaluation constante du programme de dépistage

Le taux de détection des cancers du sein dans le cadre du programme est de 7 cas de cancer du sein pour 1 000 femmes dépistées. La mortalité par cancer du sein en France a diminué de 1,5 % par an entre 2005 et 2012. Cette diminution semble en partie liée à la précocité des diagnostics et aux progrès de la prise en charge thérapeutique.
Les études scientifiques montrent qu’entre 15 et 21 % de réduction de la mortalité est due au programme de dépistage organisé. On estime que 150 à 300 décès par cancer du sein sont évités pour 100 000 femmes participant de manière régulière au dépistage organisé. 

Le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein reste faible.

Le dépistage organisé du cancer du sein a été généralisé en 2004. Le taux de participation au dépistage organisé est passé de 40% en 2004 à 51.5% en 2015. A cette participation, il faut ajouter 10% de femmes qui réalisent des mammographies dans le cadre d’un dépistage individuel. 

dépistage du cancer du sein en 2015

Cette participation reste en deçà des objectifs fixés : l’objectif européen fixe un taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein à 70%. On constate par ailleurs des disparités territoriales de participation.

Les Hauts-de-France ont un taux de participation proche de la moyenne nationale avec toutefois des taux de participation qui oscillent entre 49,6% et 56,6% selon les départements.

Taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein en Hauts-de-France
Années 2015 - 2016

France 50,90 %
HdF 51,10 %
Aisne (02) 52,20 %
Nord (59) 49,90 %
Oise (60) 52,90 %
Pas de Calais (62) 49,60 %
Somme (80) 56,60 %

L’ARS Hauts de France s’est fixée comme objectifs de réduire les inégalités sociales et territoriales d’accès aux dépistages des cancers.

Brochure d'information complète sur le dépistage organisée du cancer du sein

Nouveauté 2017 : plaquette dépistage du cancer du sein - s'informer et décider

 

En savoir plus : 
Institut national du cancer - dépistage du cancer du sein

Site dédié à l’information sur les cancers du sein 
 

 

Chaque année en France, près de 3000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont détectés et environ 1 200 femmes décèdent des suites de cette maladie.
Pourtant il est « évitable ». En effet, le cancer du col de l’utérus est principalement provoqué par certains papillomavirus humains (HPV) qui se transmettent par voie sexuelle. En général, le corps parvient à les éliminer de manière naturelle mais, dans certains cas, ces infections peuvent persister et provoquer des lésions au niveau du col de l’utérus susceptibles d’évoluer à terme vers un cancer.
Le frottis de dépistage tous les trois ans pour les femmes de 25 à 65 ans ainsi que la vaccination anti-HPV pour les jeunes filles à partir de 11 ans permettent de limiter le risque de cancer du col de l’utérus. Un dépistage régulier de toute la population ciblée permettrait de réduire l'incidence des cancers du col de l’utérus de 90 %.
 
Le dépistage permet, d’une part, d’identifier et de traiter des lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent vers un cancer et, d’autre part, de détecter des cancers à un stade précoce dont le pronostic est bien meilleur qu’à un stade avancé. Il est ainsi recommandé de pratiquer un frottis tous les trois ans pour les femmes âgées de 25 à 65 ans : 17 millions de femmes sont concernées en France dont 1,57 millions dans les Hauts de France.

Or, il faut constater que 40% des femmes, en moyenne, n’ont pas réalisé de frottis (FCU) dans les trois ans. Et depuis sa recommandation en 2007, la vaccination des jeunes filles par le vaccin HPV est très insuffisamment  mise en œuvre. Au 31 décembre 2015, moins de 15% des jeunes filles avaient reçu le schéma complet de vaccination à 16 ans. Pour en savoir plus sur la vaccination

Une généralisation du dépistage organisé en 2017

Le plan cancer 2014-2019 prévoit de généraliser le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus sur le territoire national. Dans notre région, le dépistage du col de l’utérus est en cours de déploiement.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus, les réponses à vos questions 
 

En savoir plus
Institut national du cancer -  Dépistage du cancer du col de l’utérus 

Le dépistage des cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus est organisé par des structures de gestion. L’ARS et l’Assurance maladie Hauts-de-France veillent au bon déroulement des dépistages organisés, à travers le soutien et l’accompagnement de ces structures de gestion des dépistages organisées. Elle contribue au financement du fonctionnement de ces structures en lien avec l’Assurance maladie.

A l’heure actuelle, chaque département comporte une structure de de gestion.  En région Hauts-de-France, il existe actuellement 5 structures de gestion pour le dépistage organisé des cancers. 

Tableau des structures de gestion

Département Structure de gestion Adresse  / Téléphone / Mail Site internet
02-Aisne Aisne Préventis

10/12 rue Jean Martin 
02000 Laon 

N° vert 0800 137 300
Tél. 03 23 23 58 48
aisne.preventis@wanadoo.fr

Site Aisne
59-Nord ADCN 59

123 Rue de Condé
59000 Lille

Tél : 03 20 06 38 12
contact@adcn.fr

Site Nord
60-Oise ADECASO

4 rue Niepce 
Les Tertiales 
60321 Compiègne

Tél : 03 44 95 33 20
contact@adecaso.fr

Site Oise
62-Pas de Calais Opaline 62

70 Rue Mollien 
62100 Calais

Tél : 03 21 19 75 50
opaline62@opaline62.fr

Site Pas de Calais
80-Somme ADEMA 80

7 Rue Jean Calvin
80 000 Amiens

Tél : 03 22 93 32 45
contact@adema80.fr

Site Somme