Prévention du suicide : des solutions financées par l’ARS pour les habitants et les professionnels des Hauts-de-France

Communiqué de presse

Dans le cadre de la Journée nationale de prévention du suicide, l’agence régionale de santé Hauts-de-France rappelle l’importance de la prévention du suicide et quelques-unes des mesures régionales engagées pour accompagner les personnes en souffrance, soutenir les professionnels et mobiliser l’ensemble des acteurs de santé.

En France, le nombre de décès par suicide a diminué au cours des deux dernières décennies (-14 % entre 2012 et 2022). Pour autant, le nombre de tentatives est estimé à 200 000 par an et environ 9 000 décès sont à déplorer chaque année. A l’aune de la situation nationale, la région Hauts-de-France compte chaque année près de 900 décès par suicide. En 2024, 6,5 % des 18-79 ans dans notre région déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Ils étaient 6,7 % à déclarer avoir fait une tentative de suicide au cours de la vie. Dans le cadre de la Journée nationale de prévention du suicide, l’agence régionale de santé Hauts-de-France rappelle l’importance de la prévention du suicide et quelques-unes des mesures régionales engagées pour accompagner les personnes en souffrance, soutenir les professionnels et mobiliser l’ensemble des acteurs de santé.

3114, le numéro de prévention du suicide

Accessible gratuitement, 24h/24 et 7j/7, le numéro national 3114 apporte un soutien anonyme aux personnes en détresse, à leurs proches, aux personnes endeuillées par suicide et aux professionnels en recherche de conseils. Les répondants sont des psychologues et des infirmiers qui ont eux-mêmes une expérience en psychiatrie et dans le champ du suicide. Le centre répondant qui couvre les Hauts-de-France est financé par l’ARS à hauteur de 5 M€ par an et est porté par le CHU de Lille. Ce dernier héberge également le pôle national 3114 qui coordonne l’ensemble des centres répondants.

VigilanS, pour maintenir le contact avec les personnes ayant fait une tentative de suicide

La survenue d'une tentative de suicide multiplie par 4 le risque de suicide ultérieur. Pour prévenir ce risque, le maintien du contact avec les personnes est essentiel. C’est l’enjeu du dispositif VigilanS, né en 2015 dans les Hauts-de-France et aujourd’hui déployé au niveau national. Grâce à cette innovation, toute personne prise en charge à l’hôpital pour une tentative de suicide se voit proposer son inclusion dans VigilanS au moment de sa sortie. Elle est alors suivie et régulièrement contactée par des soignants formés qui pourront répondre efficacement en cas de mal-être ou de problème. La personne peut également les joindre directement via un numéro gratuit. En Hauts-de-France, deux centres coordinateurs situés à Lille et à Amiens participent au dispositif. En 2024, près de 7 000 personnes ont intégré VigilanS en Hauts-de-France. Notre région a également été la première à expérimenter l’adaptation du dispositif en milieu carcéral. L’ARS alloue chaque année 1,5 M€ pour permettre le fonctionnement du dispositif en région.

Des formations pour repérer, évaluer et intervenir en cas de crise suicidaire

L’ARS Hauts-de-France finance trois modules de formation pour promouvoir le repérage, l’orientation et l’intervention auprès des personnes à risque. Le premier module, dit « Sentinelle », concerne le repérage précoce et s’adresse aux citoyens ou professionnels non-cliniciens. Le deuxième module « Évaluation Orientation » s’adresse aux professionnels formés à l’entretien clinique (psychologue, médecin, infirmier…). Le troisième module « Intervention de crise » concerne les cliniciens confrontés régulièrement aux situations de crise suicidaire (SAMU, urgences…). Ces formations s’inscrivent dans la stratégie de formation à la prévention du suicide 2025-2028 déployée par l’agence. 

Papageno, pour accompagner les collectifs après un suicide et agir sur les lieux à risque 

Le programme Papageno, financé en région par l’ARS, permet d’agir concrètement afin de prévenir la contagion suicidaire. Ce dispositif soutient notamment les démarches de postvention, c’est-à-dire les mesures qui permettent à une institution de contenir et d’accompagner au mieux les effets d’un suicide au sein d’un collectif et ainsi de prévenir le phénomène de contagion suicidaire. En Hauts-de-France, des plans de postvention ont ainsi été élaborés au niveau des rectorats, d’universités ou encore d’établissements sanitaires. La région expérimente également l’adaptation du plan de postvention à destination des EHPAD.

Papageno propose également le repérage et la sécurisation de lieux à risque suicidaire, en lien avec les collectivités territoriales, les gestionnaires d’infrastructures et les acteurs locaux. Ces actions visent à réduire l’accessibilité aux moyens létaux et à améliorer la vigilance autour des sites identifiés comme particulièrement exposés.

Un engagement global pour la santé mentale, en particulier des jeunes

La prévention du suicide s’intègre dans une approche plus large de la santé mentale, dont l’agence régionale de santé Hauts-de-France a fait l’une de ses priorités de santé publique. Les 62 actions engagées par l’ARS dans ce domaine contribuent en effet à l’amélioration de la santé mentale des populations en luttant contre la stigmatisation, renforçant la prévention et la promotion de la santé mentale, organisant le repérage précoce, fluidifiant l’orientation, améliorant la prise en soins et agissant pour le rétablissement des personnes présentant des troubles psychiques.