L’obésité est une maladie chronique, multifactorielle et complexe, tant dans sa compréhension que dans sa prise en charge. Elle est étroitement liée aux déterminants socio-économiques, aux modes de vie et à l’environnement des individus. Cette réalité impose une réponse globale et coordonnée, articulant prévention dès le plus jeune âge, structuration de filières de soin et accès renforcé à des dispositifs d’accompagnement tels que les programmes d’éducation thérapeutique du patient.
La feuille de route régionale « prévention et prise en charge du surpoids et de l’obésité » traduit cet engagement collectif et mobilise l’ensemble des acteurs pour faire reculer durablement l’obésité et améliorer la qualité des prises en charge.
Renforcer la prévention par l’alimentation et l’activité physique
La stratégie régionale vise à développer des environnements favorables à une alimentation saine, durable et accessible à tous. Elle mobilise collectivités, acteurs de l’alimentation et partenaires institutionnels autour de projets territoriaux tels que les Projets Alimentaires de Territoire et les Contrats Locaux de Santé, dans une approche globale « une seule santé » intégrant dimensions sanitaires, sociales et environnementales.
La promotion des mobilités actives et de l’activité physique constitue un enjeu majeur. Aménagement du territoire, déploiement du plan vélo, soutien aux mobilités solidaires et renforcement du maillage des Maisons Sport Santé, contribuent à lutter contre la sédentarité et à favoriser la mise en mouvement de tous les publics.
L’éducation à la santé dès le plus jeune âge constitue un levier prioritaire, avec l’outillage des équipes éducatives, la mise en œuvre d’un parcours éducatif en santé appliqué à la nutrition et la coordination des actions dans les établissements scolaires, en lien avec les rectorats et les partenaires régionaux.
Une attention particulière est portée aux publics les plus exposés aux inégalités sociales de santé. L’accompagnement des acteurs sociaux – centres sociaux, missions locales, CCAS – est renforcé afin d’agir auprès des publics les plus exposés aux inégalités sociales de santé, en développant des projets intégrant à la fois éducation alimentaire, compétences psychosociales et amélioration de l’accès à une offre alimentaire de qualité.
Le soutien à des projets locaux innovants, via des appels à projets régionaux et le dispositif « Nos Quartiers d’Été » porté par le Conseil Régional, permet de lutter contre la sédentarité, d’améliorer les habitudes alimentaires et de prévenir la stigmatisation liée à l’obésité, en favorisant des actions de proximité adaptées aux réalités des territoires.
Structurer des parcours de soins coordonnés et accessibles
La stratégie régionale vise également à améliorer la prise en charge des patients grâce à une organisation territoriale renforcée. Les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) illustrent la mobilisation des professionnels : huit CPTS sur dix identifient le diabète et/ou l’obésité comme thème prioritaire dans leur projet territorial de santé.
L’assurance maladie et l’ARS facilitent le déploiement du dispositif « Mission retrouve ton CAP », destiné aux enfants de 3 à 12 ans en situation de surpoids ou d’obésité. Prescrit par le médecin traitant et pris en charge à 100 %, ce parcours propose un accompagnement pluridisciplinaire personnalisé (bilans diététique, psychologique et d’activité physique, consultations de suivi) au sein de Maisons de santé pluriprofessionnelles ou de Centres de santé
Pour les situations les plus complexes, l’ARS labellise et finance sept Centres spécialisés obésité (CSO) implantés aux CHU d’Amiens et de Lille, aux centres hospitaliers d’Arras, Valenciennes, Boulogne-sur-Mer, Saint-Quentin et au Groupement hospitalier public du Sud de l’Oise. Au-delà de la prise en charge, ces centres ont pour mission de sensibiliser, fédérer et coordonner les acteurs de leur territoire afin d’améliorer en continu la prévention et les pratiques.
Un nouveau régime d’autorisations de chirurgie, qui prévoit la délivrance d’autorisations spécifiques pour l’activité de chirurgie bariatrique, a été mis en place pour garantir la sécurité et la qualité des prises en charge. L’ARS Hauts-de-France a fait le choix de maintenir une offre opératoire importante, permettant aux habitants d’accéder à une prise en charge de proximité et facilitant les suites post-opératoires.
Enfin, l’ARS déploie sur l’ensemble du territoire des programmes d’éducation thérapeutique destinés aux patients en situation d’obésité. Composante essentielle de la prise en charge au long court, 105 programmes sont aujourd’hui proposés dans la région dont de nouveaux programmes d’éducation thérapeutique après une chirurgie bariatrique déployés en ville au sein de maisons de santé pluriprofessionnelles.
En Hauts-de-France, plus d’un habitant sur deux est en surpoids
Les Hauts-de-France restent marqués par une prévalence de l’obésité supérieure à la moyenne nationale, avec plus d’une personne sur deux (53%) des adultes en surpoids (33%) ou obésité (20%). Le nombre de personnes en surpoids a tendance à se stabiliser ces 15 dernières années mais parmi elle, l’obésité gagne du terrain sur la même période (+ 4,5 points pour les hommes et +4,8 points pour femmes). Cette tendance touche particulièrement les jeunes, avec en classe de 6e plus d’un enfant sur cinq en surcharge pondérale. Ce chiffre atteint un jeune sur quatre en classe de seconde.
En écho, les habitudes de vie plus sont également plus défavorables dans les Hauts-de-France. Notre région se caractérisent notamment par une pratique de l’activité physique en baisse, plus faible qu’en moyenne française et par une consommation quotidienne de boissons sucrées plus élevée. Cette consommation est d’autant plus marquée chez les 18-29 ans (44%) et les 30-44 ans (41%).





