Selon la Haute autorité de santé (HAS), 1 à 2% de la population est concernée par les troubles du spectre de l’autisme (TSA) avec des profils et des besoins d’accompagnements très variables selon les personnes. La détection précoce des troubles constitue un enjeu majeur pour permettre la mise en place d’accompagnements adaptés, à même d’améliorer la qualité de vie des personnes et de leurs familles.
À l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme le 2 avril, l’Agence régionale de santé Hauts-de-France renouvelle son engagement, pour des parcours plus fluides, un diagnostic plus précoce et un accompagnement renforcé tout au long de la vie, qui s’incarne dans sa feuille de route régionale « Troubles du neurodéveloppement 2024-2027 ».
Diagnostiquer plus tôt pour accompagner plus tôt
Les médecins généralistes et pédiatres sont souvent, avec les familles, les premiers à identifier les écarts de développement inhabituels chez un enfant. Afin de permettre une entrée rapide dans un parcours adapté, ces professionnels peuvent orienter les familles vers l’une des 8 plateformes de coordination et d’orientation troubles du neurodéveloppement (PCO) des Hauts-de-France.
Ces plateformes permettent d’initier une première évaluation des besoins de l’enfant et de proposer un parcours de prise en charge coordonné, sans attendre la stabilisation du diagnostic, avec une prise en charge financée dans le cadre du forfait d’intervention précoce. Cet accompagnement contribue soit à lever le doute, soit à progresser vers un diagnostic, tout en accompagnant déjà concrètement l’enfant dans ses difficultés.
Près de 17 000 enfants ont déjà été orientés vers des parcours de soins adaptés via les plateformes de coordination et d’orientation, dont 13 000 enfants de moins de 6 ans. En 2025, 4 489 enfants ont bénéficié d’un forfait d’intervention précoce pour permettre une prise en charge sans attendre la finalisation du diagnostic.
De manière complémentaire, les deux centres ressources autisme (CRA), de Lille et d’Amiens, interviennent comme structures de recours pour les situations les plus complexes, l’accompagnement des familles concernées ainsi que la formation des professionnels de santé.
L’ARS Hauts-de-France a financé la création d’équipes mobiles rattachées à ces CRA. Ces équipes, interviennent directement auprès des professionnels d’établissements sociaux ou pour enfants handicapés afin de repérer des enfants avec un potentiel TSA non diagnostiqués pour permettre la mise en place d’un accompagnement plus adapté à leurs besoins.
Renforcer l’inclusion en milieu scolaire
L’inclusion en milieu scolaire ordinaire doit être accessible à toujours plus d’élèves autistes. C’est pourquoi l’ARS travaille avec l’Education nationale et les établissements médico-sociaux à poursuivre l’augmentation des capacités d’accueil et d’accompagnement.
L’inclusion ne se limite pas à l’inscription dans un établissement scolaire. L’enjeu est de mettre en œuvre l’accompagnement médico-social nécessaire pour que l’enfant trouve sa place et s’épanouisse, en tenant compte de ses particularités et de ses rythmes d’apprentissage. Cela passe notamment par le développement des unités d’enseignement autisme.
Concrètement, ces classes accueillent entre sept et dix d’enfants et sont animées par un enseignant et une équipe médico-sociale pluridisciplinaire (psychologues, orthophonistes, éducateurs spécialisés, etc.). L’enfant évolue dans un environnement sécurisé tout en participant à des temps d’inclusion avec les autres élèves : en classe, pendant les récréations et les activités collectives, à la cantine. Ce modèle favorise leur développement social, cognitif et émotionnel, et facilite progressivement le passage, quand cela est possible, vers une scolarité ordinaire.
La région compte à ce jour 28 unités d’enseignement maternelle autisme (UEMA) et 16 unités d’enseignement élémentaire autisme (UEEA). Le nombre de places disponibles a plus que doublé depuis 2023 en passant de 195 à 436 places pour l’année scolaire en cours. L’augmentation des capacités se poursuit avec la création de 71 nouvelles places pour la prochaine rentrée scolaire. Les premiers bilans sont prometteurs : dans les Hauts-de-France, un enfant sur deux ayant intégré une unité d’enseignement maternelle autisme poursuit ensuite son parcours en milieu ordinaire.
L’inclusion scolaire ne s’arrête pas à la sortie de l’école primaire. L’ARS et l’Education nationale poursuivent leur engagement commun pour accompagner les collégiens et lycéens avec TSA ou autres troubles du neurodéveloppement, via, par exemple, le déploiement de l’autorégulation. Ce travail avec les équipes éducatives permet aux élèves de suivre leur scolarité dans une classe ordinaire, tout en bénéficiant d’un accompagnement personnalisé par une équipe médico-sociale dans un espace ressource intégré à l’établissement. Huit établissements des Hauts-de-France fonctionnement aujourd’hui sur le modèle de l’autorégulation.
Enfin, l’accompagnement de ces élèves est possible également grâce aux 57 pôles d’appui à la scolarité (PAS). Ceux-ci sont répartis dans la région et œuvrent pour orienter les familles vers les solutions de prise en charge adaptées pour les enfants qui rencontrent des difficultés à poursuivre leur parcours scolaire, déployer les accompagnements médico-sociaux adaptés et accompagner la communauté éducative dans leur mise en œuvre.
Mieux diagnostiquer et accompagner les adultes autistes
Comme pour les plus jeunes, des équipes mobiles des centres ressources autismes (CRA) interviennent dans les établissements de santé mentale et médico-sociaux de toute la région pour le repérage d’adultes autistes non diagnostiqués, afin d’adapter le projet de soins des personnes et améliorer leur qualité de vie.
Pour les personnes qui le peuvent et en expriment l’envie, L’ARS travaille également au développement de dispositifs d’accompagnement vers l’emploi, avec, par exemple la création en 2025 dans la Somme, d’un Service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) spécialisé emploi et habitat. La mise en œuvre de dispositifs similaires a vocation à être travaillée dans l’ensemble des départements.
Les groupes d’entraide mutuelle (GEM) spécialisés TSA, qui reposent sur le principe de pair-aidance, se développent également. Ces groupes portés par des personnes autistes elles-mêmes contribuent à lutter contre l’isolement à travers des échanges entre pairs et l’organisation de rencontres et autres activités artistiques ou de loisirs. Sept GEM TSA sont en activité dans la région.
Développer l’offre d’accompagnement et d’accueil en établissement
L’Etat mobilise des moyens importants pour créer de nouvelles solutions d’accueil et d’accompagnement adaptées aux besoins et aux aspirations de chacun. Dans le cadre du plan national « 50 000 solutions » 180 millions d’euros sont mobilisés en Hauts-de-France, avec l’objectifs de créer 5 000 solutions nouvelles d’ici 2030.
En particulier, dans le champ de l’autisme, 470 places supplémentaires dédiées ont déjà été créées en deux ans, dont 361 pour des enfants et 109 pour des adultes. Deux unités résidentielles pour adultes en situations très complexes sont par ailleurs en cours de création pour une ouverture prévue d’ici début 2027.
Les personnes qui vivent avec l’autisme ou un trouble neurodéveloppemental ont des profils extrêmement divers. L’ARS poursuivra son engagement pour permettre à chacune et chacun d’entre eux, quelle que soit sa situation, de s'épanouir pleinement dans la société et de bénéficier d’un accompagnement adapté, dans la droite ligne des objectifs et des priorités de la stratégie nationale en la matière.





