Pour beaucoup de cancers, plus le diagnostic est fait tôt, moins les traitements sont lourds et meilleures sont les chances de guérison. L’intérêt du diagnostic précoce est ainsi de mieux soigner, mais aussi de limiter les séquelles liées à certains traitements.
Les deux moyens d’agir pour permettre un diagnostic précoce sont :
Le dépistage, lorsqu’il existe, c’est-à-dire la réalisation d’examens de détection ou de surveillance alors qu’on se sent en bonne santé ;
La détection précoce, c’est-à-dire l’identification de signes d’alerte dès leur apparition.
L’objectif du dépistage est de pouvoir diagnostiquer un cancer à un stade précoce, même s’il ne produit pas encore de symptômes, pour favoriser les chances de guérison. Dans certains cas, le dépistage peut permettre de détecter une lésion dite « précancéreuse » et d’agir préventivement pour éviter son évolution vers un cancer.
Les cancers qui se dépistent
Proposer un dépistage organisé suppose qu’un certain nombre de critères soient rassemblés. Ces critères concernent :
la maladie elle-même : il faut qu’elle soit fréquente et entraîne une mortalité importante, mais aussi qu’elle soit détectable à un stade auquel elle peut être soignée ;
des tests de dépistage performants ;
des traitements efficaces pour ce type de cancer.
Il existe trois types de dépistage organisé :
le dépistage du cancer du sein qui s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans invitées, tous les deux ans, à se faire dépister (mammographie et examen clinique) ;
le dépistage du cancer colorectal qui s’adresse aux hommes et aux femmes de 50 à 74 ans invités, tous les deux ans, à réaliser à domicile un test de recherche de sang dans les selles ;
le dépistage du cancer du col de l’utérus qui s’adresse aux femmes de 25 à 65 ans invitées, tous les trois ans, à se faire dépister par un test de dépistage cervico-utérin (frottis).
Le cancer du col de l'utérus est le 12e cancer le plus fréquent chez la femme en France. Chaque année en France, plus de 3100 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont détectés et environ plus de 800 femmes décèdent des suites de cette maladie.
Pourtant il est « évitable ». En effet, le cancer du col de l’utérus est principalement provoqué par certains papillomavirus humains (HPV) qui se transmettent par voie sexuelle. En général, le corps parvient à les éliminer de manière naturelle mais, dans certains cas, ces infections peuvent persister et provoquer des lésions au niveau du col de l’utérus susceptibles d’évoluer à terme vers un cancer.
90 % des cancers du col de l’utérus peuvent être évités grâce au dépistage des lésions précancéreuses. La vaccination des filles et des garçons âgés de 11 à 14 ans permet de se protéger contre les papillomavirus humains (HPV), principal facteur de risque de ces cancers. Pour en savoir plus Lien Vaccination - Ministère de la Santé, de la Famille, de l'Autonomie et des Personnes handicapées
Le dépistage repose sur la réalisation d’un prélèvement au niveau du col de l’utérus, appelé frottis, à partir duquel des cellules anormales ou la présence de virus (HPV) pourront être détectées.
Le dépistage permet, d’une part, d’identifier et de traiter des lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent vers un cancer et, d’autre part, de détecter des cancers à un stade précoce dont le pronostic est bien meilleur qu’à un stade avancé.
La fréquence du dépistage varie selon votre âge :
de 25 à 29 ans : il est recommandé de réaliser deux examens cytologiques à un an d’intervalle, puis 3 ans plus tard si le résultat des deux premiers tests est normal ;
de 30 à 65 ans : il est recommandé de réaliser un test HPV-HR tous les 5 ans, à débuter 3 ans après le dernier examen cytologique normal ou dès 30 ans en l’absence de dépistage antérieur.
- un gynécologue ;
- un médecin généraliste ;
- une sage-femme ;
- dans un centre de santé, un centre mutualiste, un centre de planification ou un hôpital ;
- certains laboratoires de biologie médicale (sur présentation du courrier d’invitation ou d’une prescription médicale).
L’examen de dépistage peut être réalisé en prenant rendez-vous auprès des professionnels suivants :
L’analyse du test de dépistage est prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie, sans avance de frais sur présentation du courrier d’invitation. La consultation chez le professionnel de santé, la réalisation du prélèvement et l’analyse du test de dépistage sont prises en charge dans les conditions habituelles par l’assurance maladie et la complémentaire santé.
Cancer du col de l'utérus : pourquoi se faire dépister ?
Liens utiles
Dépistage du cancer du col de l'utérus
Cancer du col de l'utérus - Je fais mon dépistage - Institut national du cancer
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France. Il constitue également la principale cause de mortalité par cancer chez les femmes. Pour les femmes âgées de 50 à 74 ans, qui n’ont pas de symptôme pouvant évoquer un cancer du sein et ne présentent aucune histoire personnelle ou familiale concernant le cancer du sein, un programme de dépistage organisé est recommandé.
Pour les femmes âgées de 50 à 74 ans, qui n’ont pas de symptôme pouvant évoquer un cancer du sein et ne présentent aucune histoire personnelle ou familiale concernant le cancer du sein, un programme de dépistage organisé est recommandé.
Le programme de dépistage organisé du cancer du sein.
Tous les deux ans, les femmes de 50 à 74 ans sont ainsi invitées à réaliser un dépistage du cancer du sein. L'examen comporte une mammographie (2 clichés par sein, face et oblique) et un examen clinique des seins. Cet examen est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance des frais. L’examen peut être complété, si nécessaire, par une échographie.
L’examen est réalisé par un radiologue agrée. Dans le cadre du programme de dépistage organisé du cancer du sein, une deuxième lecture systématique des mammographies jugées normales est assurée par un second radiologue. L’intérêt de cette seconde lecture est de ne pas passer à côté de lésions qui pourraient être difficiles à déceler. Parmi les cancers détectés par le dépistage, environ 6 % le sont grâce à la seconde lecture.
Le dépistage du cancer du sein - Inca
Dépistage des cancers du sein : à chacune ses raisons de le faire. - YouTube
Où se faire dépister ?
Vous pouvez télécharger la liste des radiologues agréés dans la région des Hauts de France en cliquant : Dépistage organisé du cancer du sein pour les femmes entre 50 et 74 ans | ameli.fr | Assuré
Pour toute information concernant le dépistage organisé du cancer du sein, vous pouvez contacter le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC) des Hauts de France des par téléphone au 03.59.61.58.35 ou par mail à contact@crcdc-hdf.fr
Consulter le Site du Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers Hauts-de France
Certaines personnes ne justifient pas d’un dépistage organisé mais relèvent d’un suivi individuel au regard de leurs antécédents personnels ou familiaux. Ce suivi est alors organisé par le médecin traitant ou le médecin spécialiste.
Les taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein restent en dessous des objectifs fixés
Pour la période 2023-2024, le taux de participation est de 46,3 %. Cette participation reste en deçà des objectifs fixés. On constate par ailleurs des disparités territoriales de participation.
Dans les Hauts-de-France, 452 992 femmes se sont fait dépister sur la période 2023-2024, ce qui représente un taux de participation de 49.1% avec toutefois des taux de participation qui oscillent entre 46.7% et 54.6% selon les départements.
Taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein Année 2023-2024 | |||
|---|---|---|---|
Population Insee cible | Nombre de femmes dépistées | Taux de participation standardisé (%) | |
France entière | 10 830 052 | 5 017 000 | 46,3 |
Hauts-de-France | 928 520 | 452 992 | 49,1 |
Aisne | 86 169 | 42 166 | 49,1 |
Nord | 389 931 | 187 615 | 48,5 |
Oise | 126 692 | 59 141 | 46,7 |
Pas-de-Calais | 235 037 | 114 758 | 49,2 |
Somme | 90 689 | 49 312 | 54,6 |
Pour aller plus loin consulter : Evaluation du programme de dépistage organisé du cancer du sein
Les facteurs de risque du cancer du sein
Les principaux facteurs de risques reconnus du cancer du sein sont :
L’âge (80% des cancers du sein se développent après 50 ans)
Les antécédents médicaux personnels et familiaux
la consommation d’alcool et de tabac
La prise de certains traitements hormonaux de la ménopause
Les prédispositions génétiques
Ne pas avoir allaité
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Cancers du sein - Je fais mon dépistage - Institut national du cancer
Dépistage des cancers du sein - Centre de Coordination | Dépistage des cancers Hauts-de-France
Où se faire dépister ?
Les dépistages du cancer du sein sont organisés par le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC) des Hauts de France qui envoie les courriers d’invitation à participer dépistage du cancer du sein auprès des femmes éligibles et agréé les centres de radiologie participant au dépistage.
L’ARS et l’Assurance maladie Hauts-de-France veillent au bon déroulement des dépistages organisés, à travers le financement, le soutien et l’accompagnement du Centre.
Pour toute information concernant le dépistage organisé du cancer du sein ou du cancer colorectal, vous pouvez les contacter par téléphone au 03.59.61.58.35 ou par mail à contact@crcdc-hdf.fr
Consulter le Site du Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers Hauts-de France
En France, le cancer colorectal est le 3ème cancer le plus fréquent chez l'homme et le 2ème chez la femme (au total, plus de 47 500 nouveaux cas par an). Il reste également le troisième cancer le plus meurtrier en France avec près de 17 000 décès par an. Détecté tôt, le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10.
Dans les Hauts de France, pour le cancer du côlon-rectum, les estimations indiquent une surincidence comparée à la France métropolitaine, de +9% chez l’homme et de +4% chez la femme, soit respectivement plus de 2060 et 1740 cas en moyenne par an.
Les Hauts-de-France présentent la mortalité par cancer du côlon-rectum la plus importante de France métropolitaine. 1650 décès par cancer colorectal sont recensés en région en moyenne chaque année. Mise à jour données OR2S
Le cancer colorectal évolue souvent, dans les premiers temps, sans symptôme ni signe perceptible. Il est parfois diagnostiqué tardivement et nécessite alors des traitements lourds. Le cancer colorectal fait l'objet depuis 2009 d'un programme de dépistage organisé qui permet d’identifier et de traiter des lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent en cancer.
Lorsqu'un cancer colorectal est détecté à un stade précoce, c'est-à-dire qu'il est relativement petit et ne s'est pas propagé loin de son point d'origine, la survie à 5 ans dépasse 90 % et les traitements utilisés sont moins lourds, permettant une meilleure qualité de vie.
Le programme de dépistage organisé du cancer colorectal
Le programme de dépistage organisé d’adresse aux personnes âgées de 50 à 74 ans qui ne présentent ni symptôme, ni facteur de risque particulier.
Les femmes et hommes âgés de 50 à 74 ans reçoivent tous les 2 ans une invitation à participer au dépistage organisé du cancer colorectal.
Depuis le 1er janvier 2024, les personnes concernées par ce dépistage organisé sont invitées par l’Assurance Maladie à réaliser un test immunologique. Le test immunologique consiste à rechercher du sang sur des fragments de selles. Ce prélèvement, simple et rapide, est à faire chez soi. Il permet de prélever de manière très hygiénique un échantillon de selles grâce à une tige à replacer dans un tube hermétique.
Le test est à retirer auprès :
de votre médecin (généraliste, gynécologue, gastro-entérologue) à l’occasion d’une consultation,
de votre pharmacien,
en le commandant en ligne sur le site monkit.depistage-colorectal.fr
Ce dépistage ne nécessite aucune avance de frais. Le kit est remis gratuitement et l’'analyse du test est automatiquement prise en charge à 100% par l'Assurance maladie. L’envoi du prélèvement se fait gratuitement par La Poste, pour analyse, dans l’enveloppe T fournie avec le test. Les résultats sont adressés directement à la personne ainsi qu’au médecin traitant.
En cas de symptômes, antécédents personnels ou familiaux de polype, de cancer ou de maladie touchant le côlon ou le rectum (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) ou de facteurs de risque particuliers, certaines personnes bénéficie d’un suivi spécifique adapté à leur situation individuelle, en lien avec votre médecin.
Dépistage du cancer colorectal
Faire le test : Faire le test - Cancer colorectal - Je fais mon dépistage - Institut national du cancer
Les taux de participation au dépistage organisé du cancer colorectal
Les taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein restent faibles : 29,6% de participation en France sur la période 2023-2024.
Cette participation reste en deçà des objectifs fixés : l’objectif européen fixe un taux de participation au dépistage organisé du cancer colorectal à 45%.
Les Hauts-de-France ont ainsi un taux de participation proche de la moyenne nationale : 25.5% sur période 2023-2024.
| Taux de participation au dépistage organisé du cancer colorectal Année 2023-2024 | ||||
|---|---|---|---|---|---|
' | Population Insee cible | Nombre de personnes dépistées | Nombre de tests positifs | Taux de participation - population cible standardisé (%) | |
| France entière | 20 796 895 | 6 171 549 | 201 961 | 29,6 | |
| Hauts-de-France | 1 781 126 | 454 198 | 16 835 | 25,5 | |
| Aisne | 167 009 | 44 347 | 1 692 | 26,3 | |
| Nord | 740 510 | 178 757 | 6 543 | 24,2 | |
| Oise | 247 041 | 62 757 | 2 339 | 25,4 | |
| Pas-de-Calais | 451 810 | 120 778 | 4 457 | 26,7 | |
| Somme | 174 756 | 47 559 | 1 804 | 27,0 | |
Sources : Santé publique France Données 2023-2024
On constate des disparités territoriales de participation importante toutefois des taux de participation qui oscillent entre 27,5% et 32,7% selon les départements et des disparités infra-départementales encore plus marquées.
Les facteurs de risque du cancer colorectal
Plusieurs facteurs de risque modifiables ayant trait au mode de vie du cancer colorectal ont été identifiés. Les principaux facteurs de risque modifiables du cancer colorectal sont :
le tabagisme
l’alimentation pauvre en fibres, excessive en viande rouge ou en viandes transformées
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