Hauts-de-France

Le moustique tigre

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moustique tigre
Du 1er mai au 30 novembre, le système de surveillance renforcé du moustique tigre est activé.
Cette surveillance a pour objectif de lutter contre la prolifération de ce type de moustique pouvant être, dans des conditions particulières, vecteur de maladies tropicales.
Corps de texte

Bien que nuisant, tous les moustiques ne transmettent pas de maladies. Aedes albopictus est un moustique tropical plus connu sous le nom de "moustique tigre" qui peut transmettre le chikungunya, la dengue et le Zika. 
Jusqu’à présent, aucun cas autochtone (c’est-à-dire non importé d’une zone d’endémie) n’a été signalé en Hauts-de-France. Même s'il n'existe pas d'épidémie de ces maladies actuellement en France métropolitaine, la vigilance de chacun est précieuse pour limiter les risques.

C’est pourquoi une surveillance particulière de ce moustique est mise en place en métropole du 1er mai au 30 novembre de chaque année comme le préconise le plan national anti-dissémination du chikungunya, de la dengue et du Zika. Ce plan décrit les mesures de surveillance, de lutte contre la prolifération du moustique et de protection des personnes. Il classe le risque en 6 niveaux (0 à 5).

Cette surveillance a permis de détecter la présence du moustique tigre dans une partie de l’Aisne,  classé en niveau 1 en novembre 2017 devant l’observation de son implantation durable. Dans les autres départements de la région, le moustique tigre n'est pas implanté mais il a été observé sporadiquement dans l’Oise. 

Carte 2018 implantation moustique tigre en France métropolitaine

Niveau 0 A : absence de moustique tigre
Niveau 0 B : présence contrôlée du moustique tigre
Niveau 1 : moustique tigre implanté 
Niveau 2 : diagnostic d’un premier cas de dengue, de chikungunya ou Zika autochtone (survenant chez une personne n’ayant pas voyagé, cas autochtone).
Niveau 3 et 4 : présence d'un ou plusieurs foyers de cas autochtones.
Niveau 5 : situation épidémique installée.

 

De nombreuses espèces de moustiques coexistant, le moustique tigre peut être confondu avec d’autres. Voici quelques une de ses caractéristiques qui permettent de le reconnaître : 

  • Il est tout petit : environ 5mm, soit plus petit qu'une pièce de 1 centime, ailes et trompe comprises,
  • Il a des rayures noires et blanches (pas de jaune), sur le corps et les pattes,
  • Il vit et pique le jour,
  • Sa piqûre est douloureuse.
Comparaison taille moustique tigre et pièce 1cent

Vous l'avez reconnu ? Signalez-le !

L’ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa répartition. Il s'agit d'une démarche citoyenne permettant ainsi de compléter les actions mises en place.

Rendez-vous sur le site www.signalement-moustique.fr où un questionnaire vous permettra de vérifier rapidement s'il s'agit bien d'un moustique tigre.

Parce que le moustique vit près des habitations, la lutte contre sa prolifération est l'affaire de tous. Pour éviter qu’il ne se reproduise et ne prolifère, il faut détruire ses œufs et donc supprimer les eaux dans lesquelles la femelle pond.

Eviter et vider les eaux stagnantes

  • Vider les coupelles des plantes et tout ce qui retient de petites quantités d’eau (jouets des enfants, mobiliers et décorations de jardin, pneus usagers…).
  • Changer l’eau des vases et photophores au moins toutes les semaines. Idéalement remplacer l’eau par du sable humide.
  • Bâcher ou recouvrir d’une moustiquaire les réserves d'eau (fût, bidon, piscine).
  • Attention aux gîtes naturels : creux d'arbres, bambous cassés dont chaque tige brisée et creuse devient alors un réceptacle. Les vider.
  • Ramasser les déchets verts, eux aussi peuvent devenir des récipients d’eau et abriter les œufs du moustique.
  • Etre vigilant et ranger à l’abri de la pluie tout ce qui peut contenir de l’eau (seaux, arrosoirs).

Eliminer les lieux de repos des moustiques

  • Débroussailler et tailler les herbes hautes et les haies.
  • Elaguer les arbres.
  • Ramasser les fruits tombés et les débris végétaux.
  • Réduire les sources d’humidité (limiter l’arrosage).
  • Entretenir le jardin.

Protéger votre habitation

  • Il est important de vérifier le bon écoulement des eaux de pluie et des eaux usées.
  • Siphon de cour piège à sable : maintenir à la surface une pellicule d'huile blanche végétale.
  • Gouttière : penser à retirer les feuilles ainsi que tous les végétaux et tous les encombrants. Si après entretien, l’eau continue de stagner : il faut retirer et remplacer les éléments hors d’usage. Si ce n’est pas possible, vérifier le bon écoulement des gouttières, les faire réparer si elles sont en mauvais état.
  • Après de fortes intempéries (pluie, vent), s’assurer de l’évacuation normale de l’eau. Il est recommandé également de percer en leur point bas les gouttières par un trou de 10 mm de diamètre et bétonner les regards jusqu’au niveau d’évacuation.
  • Vide sanitaire : il suffit de placer une grille moustiquaire aux bouches d'aération.
  • En cas d’inondation, prévoir de réparer les conduites endommagées. Conseil : cuveler en cas de risque permanent d'inondation.
  • Fosse septique : pour assurer une bonne étanchéité il faut poser un couvercle ou changer les joints de la fosse.
  • Climatiseurs : penser à vider les retenues d'eau.

Protégez-vous des piqûres de moustique

  • Portez des vêtements longs et protégez vos pieds et vos chevilles.
  • Imprégnez vos vêtements avec un insecticide répulsif.
  • Utilisez des répulsifs cutanés, ils contiennent un principe actif qui éloigne les insectes sans toutefois les tuer. Des précautions d'emploi sont à respecter, renseignez-vous auprès de votre médecin ou de votre pharmacien.

 

Dans certaines régions du monde notamment tropicales - Afrique, Asie, Antilles, Océan Indien, Amérique du Sud, Océan Pacifique, les moustiques peuvent piquer le jour comme la nuit et  transmettre des maladies comme le chikungunya, la dengue ou le Zika.

Vous partez dans une région où des cas de ces maladies ont été signalés : PROTÉGEZ-VOUS des piqûres de moustiques :

  • Portez des vêtements couvrants et amples et imprégnez-les d’insecticide pour tissus,
  • Appliquez, sur la peau découverte, des produits anti-moustiques,
  • Dormez sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide pour tissus,
  • Utilisez aussi des insecticides à l'intérieur (diffuseurs électriques) et à l'extérieur (tortillons fumigènes),
  • Branchez la climatisation si cela est possible, les moustiques n'aiment pas les endroits frais.

 

Vous revenez d’une région où des cas de ces maladies ont été signalés : RESTEZ ATTENTIF :

  • Consultez un médecin en cas de symptômes
    En cas d’éruption cutanée avec ou sans fièvre, douleurs articulaires, douleurs musculaires, maux de tête, conjonctivite, consultez un médecin : vous avez peut-être contracté le chikungunya, la dengue ou le Zika ;
  • Évitez de vous faire piquer par les moustiques 
    Si vous êtes contaminé, évitez alors de vous faire piquer. En effet, si un moustique de type Aedes sain vous pique, vous pouvez à votre tour l’infecter et il pourrait contaminer une autre personne de votre entourage en la piquant ;
  • Restez vigilant
    Le moustique de type Aedes peut transmettre le chikungunya, la dengue ou le Zika. Il est actuellement présent dans le département de l’Aisne.

Si vous êtes enceinte, rapprochez-vous de votre médecin traitant ou du centre conseil en maladies tropicales près de chez vous.

 

Avant d'acheter ou d'utiliser des produits anti-moustiques :

  • Demandez conseil à un pharmacien surtout en ce qui concerne les enfants et les femmes enceintes. Lisez bien la notice avant toute application ;
  • Demandez l’avis du médecin traitant pour l’enfant de moins de 30 mois et en cas d’antécédents de convulsions ;
  • Evitez de les appliquer sur le visage et les mains des jeunes enfants

Télécharger  le dépliant des recommandations faites aux voyageurs 

Au-delà de la surveillance entomologique (surveillance des populations de moustiques), le dispositif prévoit une surveillance épidémiologique (surveillance des cas humains), basée sur un système de déclaration obligatoire à l'Agence régionale de santé (ARS) des cas suspects de dengue, de chikungunya et de Zika par les médecins ou les biologistes.

Du 1er mai au 30 novembre, dans le cadre de la surveillance renforcée, les professionnels de santé du département de l’Aisne en niveau 1, où le moustique tigre est implanté , doivent également signaler les cas suspect de chikungunya, de dengue et de Zika à l’aide de la fiche de signalement et de renseignements cliniques à télécharger ici

Ce dispositif, mis en place pendant la période d’activité du moustique (du 1er mai au 30 novembre), repose sur la détection précoce des cas importés dits « suspects ».

Tous les cas suspects de retour d’une zone de circulation de ces virus (cas importés) doivent faire l’objet d’un signalement nominatif sans attendre la confirmation biologique. Ce signalement systématique permet, lorsque cela est nécessaire, une intervention d’élimination des moustiques autour des lieux de vie des patients afin de prévenir la survenue d’une chaine de transmission autochtone.

Il est recommandé de rechercher simultanément les trois infections en raison de symptomatologies souvent peu différentiables et d’une répartition géographique superposable (région intertropicale). La prescription doit être accompagnée de la fiche de signalement et de renseignements cliniques.

Fièvre jaune
A l’occasion de l’épidémie de fièvre jaune qui sévit actuellement en zone forestière au Brésil, et plus généralement en Amérique du Sud, il est important de rappeler à votre patientèle susceptible de séjourner dans une zone de circulation active du virus amaril, de se faire vacciner. La protection individuelle apportée par le vaccin apparaît dans les 10 jours suivant l’injection. Une dose unique confère une protection à vie. En métropole, la vaccination est effectuée exclusivement dans un centre de vaccination anti-amarile agréé par les autorités sanitaires, la prescription, la délivrance et l’injection du vaccin s’effectuant sur place.

Pour en savoir plus : prévention de la dengue et du chikungunya en France métropolitaine 

Consultez la fiche repère diagnostic.

Un plan de lutte contre le moustique tigre dit lutte antivectorielle est activé du 1er mai au 30 novembre. La lutte contre le moustique tigre repose d'abord sur la participation de tous pour détruire les gîtes larvaires. C'est pourquoi l'ARS et ses partenaires informent les populations sur la façon de supprimer les eaux stagnantes dans lesquelles le moustique pond ses œufs et se reproduit.

Lorsqu’un cas de dengue, de chikungunya ou de Zika confirmé est signalé à l’ARS, le service de veille sanitaire de l’ARS effectue une investigation afin de déterminer s’il s’agit d’un cas importé (personne contaminée en zone d’endémie de ces maladies, notamment zones tropicales) ou d’un cas autochtone (personne contaminée dans notre région par la piqûre d’un moustique tigre porteur du virus).
 
Dans le cas de figure où le malade est susceptible d’avoir transmis l’un des 3 virus à des moustiques tigre, l’opérateur public du conseil départemental procède à une prospection entomologique. Elle vise à objectiver la présence du moustique tigre dans les lieux fréquentés par le malade. Si et seulement si cette présence est avérée, une démoustication est alors mise en œuvre par l’opérateur.