Un médecin supplémentaire en autonomie supervisée
À partir de novembre 2026, les internes de médecine générale effectueront une quatrième année d’internat en tant que docteurs juniors.
Concrètement :
- les docteurs juniors exerceront en cabinet médical, en maison de santé pluriprofessionnelle ou en centre de santé ;
- ils exerceront en autonomie supervisée, aux côtés d’un médecin généraliste maître de stage universitaire (MSU).
La mobilisation de médecins maîtres de stage est donc essentielle pour permettre l’accueil de ces futurs médecins dans les territoires.
Des modalités d’exercice souples
- Le docteur junior doit exercer à une distance raisonnable de son maître de stage, sans nécessairement être installé dans le même cabinet. À titre indicatif, cette distance ne devrait pas excéder 30 minutes de trajet.
- Il peut partager un bureau avec d’autres professionnels de santé.
- Un même médecin maître de stage peut encadrer jusqu’à deux docteurs juniors. L’encadrement d’un docteur junior peut également être assuré par deux MSU.
Une immersion dans l’écosystème local de santé
Afin de découvrir l’offre de soins du territoire et de diversifier son activité, le docteur junior pourra consacrer une journée par semaine à une autre structure : EHPAD, CPTS, PMI ou tout autre acteur local de santé.
Les médecins maîtres de stage
La mise en place de cette 4 année entraîne un besoin important de médecins volontaires pour encadrer ces docteurs juniors. Les médecins intéressés doivent obtenir un agrément auprès de l’UFR de médecine de leur subdivision.
Le calendrier de mise en œuvre
Les médecins intéressés doivent obtenir un agrément auprès de l'UFR de médecine de leur subdivision universitaire.
- Avril à juin 2026 : dialogues territoriaux entre l’ARS, les universités et les élus locaux pour préparer l’accueil des futurs docteurs juniors ;
- Juin 2026 : agrément des médecins maîtres de stage ;
- Septembre 2026 : choix des stages par les docteurs juniors ;
- Novembre 2026 : prise de poste des premiers docteurs juniors en médecine générale.
- Sensibiliser les médecins de votre territoire à devenir MSU et à accueillir des docteurs juniors
Accueillir un docteur junior, c’est transmettre son savoir à un futur confrère, participer à l’accès aux soins sur son territoire, s’inscrire dans une dynamique universitaire valorisante et rencontrer un potentiel remplaçant ou futur associé. - Faciliter les conditions d’accueil pour l’arrivée du DJ
Contribuer à l’aménagement du cabinet ou trouver des locaux d’accueil pour l’exercice du MG, faciliter son hébergement, etc. - Valoriser l’attractivité du territoire pour ancrer le futur médecin sur votre territoire
Faciliter les démarches personnelles et familiales du docteur junior : accueil de sa famille, travail du conjoint, accompagnement pour l’inscription à la crèche ou en école, valorisation du cadre de vie et des loisirs sur le territoire, etc.
Sous-directrice démographie, formation et gestion des ressources humaines du système de santé de l’ARS Hauts-de-France et anciennement médecin généraliste en MSP, le Dr Sophie Augros nous livre son analyse et ses conseils sur les facteurs de réussite de la 4ème année d’internat de médecine générale comme levier d’accès aux soins et d’installation.
La 4ème année d’internat MG, une expérience gagnant-gagnant
« Que ce soit pour les acteurs du territoire, les médecins et les futurs médecins, la 4ème année d’internat de médecine générale peut s’avérer très fructueuse. Côté élus, elle permet d’améliorer l’accès aux soins, de faciliter l’installation et de faire découvrir et apprécier des territoires, en particulier quand ceux-ci sont moins pourvus en professionnels de santé. Pour les étudiants, c’est la façon d’apprendre tous les tenants et aboutissants de leur futur métier : pas seulement soigner, mais aussi apprendre à gérer une patientèle et un cabinet. Pour les médecins maîtres de stage enfin, cela permet de bénéficier d’un renfort, de trouver un potentiel successeur ou associé, tout en accomplissant une mission stimulante et valorisante. »
Des élus au rôle décisif
« Quand un élu se pose la question « qu’est-ce que je pourrais faire pour attirer des futurs médecins dans mon territoire ? », la première chose à faire est souvent d’encourager les praticiens de son territoire à devenir MSU ou, quand ils le sont déjà, à passer le cap d’accueillir un docteur junior.
Si le cabinet du MSU n’est pas en capacité d’accueillir le docteur junior, l’élu peut également aider à trouver un local ou à aménager le cabinet existant.
Enfin, il est également crucial d’accompagner ce nouveau citoyen qu’est le docteur junior. En lui montrant tous les avantages de son cadre de vie, mais aussi en accompagnant ce futur médecin dans son projet de vie et sa vie de famille (recherche d’hébergement, aide à l’inscription en crèche ou à l’école des enfants, accompagnement du conjoint, etc.) , on multiple les chances de lui donner envie de vivre et de s’installer dans son territoire.
Sur ce sujet de l’accompagnement des professionnels, découvrez le partage d’expérience de la Communauté de communes des Hauts de Flandre.
Un travail dans la durée
« Ce n’est pas parce que votre territoire ne compte pas à l’instant T de MSU que vous ne pourrez pas accueillir de docteur junior le semestre suivant quand ce sera le cas. De la même façon, même si les maisons et centres de santé sont des environnements qui facilitent l’accueil de futurs médecins, ce n’est pas parce que votre territoire ne compte que des cabinets individuels qu’il ne pourra pas accueillir de docteurs juniors. La mise en œuvre de la 4ème année d’internat pour les médecins généralistes est un dispositif pérenne, qui est susceptible de porter ses fruits par un engagement durable ».
En étroite coordination avec l’Assurance maladie, les facultés de médecine et le Conseil de l’Ordre des médecins, l’ARS pilote le déploiement régional, agrée les terrains de stage et accompagne les territoires dans la mise en œuvre de la 4ème année d’internat de médecine générale.
Pour informer les représentants d’élus sur les enjeux de cette réforme et ses opportunités, l’ARS a mis en œuvre un groupe contact élus dans chacun des 5 départements. Vous êtes vous-même élu et avez besoin de renseignements ? Vous pouvez contacter votre délégation départementale.





