La baisse des températures ralentit l’activité des moustiques, mais elle ne marque pas la fin de la prévention. Le moustique tigre (Aedes albopictus) passe l’hiver principalement sous forme d’œufs, capables de résister au froid. Au retour des températures favorables, ces œufs peuvent éclore et donner naissance à une nouvelle génération de moustiques. L’automne et l’hiver sont donc des périodes clés pour préparer la saison suivante. En intervenant dès maintenant sur les espaces publics et en mobilisant les habitants, vous contribuez à limiter les conditions favorables à la prolifération du moustique tigre.
1. Inspectez vos espaces publics et supprimez les gîtes potentiels
Profitez des opérations d’entretien automnal pour repérer les endroits où l’eau peut stagner et permettre aux moustiques de se reproduire.
- Videz, retournez ou mettez à l’abri les récipients inutilisés : seaux, arrosoirs, pots et autres contenants.
- Nettoyez les gouttières et vérifiez le bon écoulement des eaux pluviales sur les bâtiments communaux.
- Contrôlez les équipements des parcs et jardins, le mobilier urbain et les installations susceptibles de retenir l’eau.
- Vérifiez les dispositifs de récupération des eaux de pluie et assurez-vous qu’ils soient hermétiques.
- Nettoyez les contenants et les parois sur lesquels des œufs peuvent rester fixés, même en l’absence d’eau.
Intégrez ces vérifications aux tournées habituelles de vos agents municipaux. Une vigilance régulière permet de repérer et de corriger les situations à risque avant le retour des beaux jours.
2. Anticipez vos aménagements et vos travaux
L’automne et l’hiver sont aussi des périodes propices à la préparation des travaux et à la programmation des interventions sur les espaces publics. Lors de vos projets de rénovation ou d’aménagement, veillez à limiter les zones de stagnation de l’eau et à faciliter l’entretien des installations. Portez une attention particulière aux évacuations d’eaux pluviales, aux équipements extérieurs et aux espaces susceptibles de retenir de petites quantités d’eau.
L’objectif n’est pas de supprimer les zones humides naturelles, essentielles à la biodiversité, mais de limiter les gîtes artificiels favorables à la reproduction des moustiques.
3. Sensibilisez les habitants avant le retour des moustiques
Une grande partie des gîtes larvaires du moustique tigre se trouve dans les espaces privés. Votre action doit donc se poursuivre au-delà du domaine public. Profitez de l’automne et de l’hiver pour rappeler aux habitants les gestes de prévention à adopter :
- vider et nettoyer les coupelles, seaux et autres récipients ;
- ranger le matériel de jardin et les objets pouvant retenir l’eau ;
- couvrir les récupérateurs d’eau de pluie de façon hermétique (moustiquaire ou couvercle ajusté) ;
- nettoyer régulièrement les gouttières ;
- surveiller les petits contenants oubliés dans les jardins, sur les balcons et les terrasses.
Relayez ces conseils dans votre bulletin municipal, sur votre site internet et vos réseaux sociaux. Vous pouvez également mobiliser les conseils de quartier, les gestionnaires d’équipements et les agents de terrain pour diffuser ces messages au plus près des habitants. L’essentiel est de rappeler que ces gestes doivent être répétés régulièrement, y compris en dehors de la période estivale.
4. Désignez un référent et coordonnez vos services
Pour organiser efficacement la lutte contre les moustiques, désignez un référent au sein de votre commune. Il sera l’interlocuteur privilégié pour coordonner les actions de prévention, mobiliser les services municipaux et assurer le lien avec l’ARS en fonction de votre département :
- Aisne : ARS-HDF-SSE02@ars.sante.fr
- Nord : ARS-HDF-SSE59@ars.sante.fr
- Oise : ARS-HDF-SSE60@ars.sante.fr
- Pas-de-Calais : ARS-HDF-SSE62@ars.sante.fr
- Somme : ARS-HDF-SSE80@ars.sante.fr
Associez les agents chargés des espaces verts, de la voirie, de la propreté et de l’entretien des bâtiments à cette démarche. En partageant leurs observations et en intégrant la recherche de gîtes larvaires à leurs interventions habituelles, ils contribueront à repérer plus rapidement les situations à risque.
Profitez également de l’automne et de l’hiver pour identifier les secteurs à surveiller, planifier les opérations d’entretien et préparer les modalités de signalement. Une organisation anticipée et une bonne coordination entre les services vous permettront d’agir plus rapidement dès le retour des beaux jours.
5. Adaptez votre réponse en cas de signalement
Si un habitant vous signale un moustique suspect, orientez-le vers le portail officiel de signalement de l’ANSES. Une photographie peut aider à identifier l’espèce.
En cas de présence confirmée, l’ARS pilote les actions de surveillance et de lutte antivectorielle relevant de ses compétences, avec l’appui de son opérateur spécialisé. Votre commune peut faciliter les investigations sur le terrain, signaler les zones à risque et contribuer à la sensibilisation des habitants.
La suppression des gîtes larvaires reste une priorité. Les traitements insecticides ne sont pas systématiques : ils ne sont envisagés que dans des situations sanitaires particulières, selon les conditions prévues par le dispositif de lutte antivectorielle.





