Bronchiolite : comment protéger son enfant ?

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Chaque automne et chaque hiver, la bronchiolite touche de nombreux nourrissons et jeunes enfants. Cette infection respiratoire, très contagieuse, concerne principalement les enfants de moins de 2 ans. La plupart du temps, elle évolue favorablement, mais les nourrissons les plus jeunes peuvent développer des formes plus sévères.

La bronchiolite est une infection virale qui atteint les petites bronches. Elle est le plus souvent provoquée par le virus respiratoire syncytial (VRS).

Le virus se transmet facilement par les sécrétions respiratoires : toux, éternuements, postillons… Il peut également se transmettre par les mains, les bisous ou des objets contaminés.

Les adultes et les enfants plus âgés peuvent transmettre le virus sans forcément être malades : un simple rhume peut parfois suffire.
 

Pour protéger les nourrissons contre les infections à VRS, deux stratégies peuvent être proposées : la vaccination de la femme enceinte pendant la grossesse ou l’administration d’anticorps monoclonaux au nourrisson après sa naissance.

La vaccination contre le VRS peut être proposée aux femmes enceintes entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée, pendant la période de circulation du VRS. Le vaccin Abrysvo® permet à la mère de transmettre des anticorps à son bébé avant sa naissance. Le nouveau-né bénéficie ainsi d’une protection dès ses premières semaines de vie, jusqu’à environ 6 mois.

La vaccination est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie au titre de l’assurance maternité. Elle peut être prescrite et administrée par un médecin, un pharmacien, un infirmier ou une sage-femme. Il est également possible de protéger directement le nouveau-né ou le nourrisson grâce à des anticorps monoclonaux. Deux traitements sont disponibles : Beyfortus® (nirsevimab) et Enflonsia® (clesrovimab).

Administrés en une seule injection, ils permettent de protéger le nourrisson pendant plusieurs mois, notamment au cours de sa première saison de circulation du VRS. Ils peuvent être administrés avant ou après la sortie de maternité.

En maternité, ces traitements sont pris en charge à 100 %. En officine, ils sont pris en charge par l’Assurance Maladie à 65 % depuis le 31 août 2026.

Le choix entre la vaccination pendant la grossesse et l’administration d’anticorps monoclonaux au nourrisson dépend notamment du moment de la grossesse, de la période prévue de naissance et de la situation de la mère et de l’enfant.

La bronchiolite commence généralement par un rhume ou une rhinopharyngite : nez qui coule ou bouché, toux sèche et parfois fièvre.
Après quelques jours, la toux peut s’intensifier et l’enfant peut présenter :

  • une respiration plus rapide ou sifflante ;
  • une gêne respiratoire, avec des efforts visibles pour respirer ;
  • une fatigue inhabituelle ;
  • des difficultés à boire, à manger ou à dormir.

Dans la majorité des cas, la guérison survient en 5 à 10 jours. La toux peut toutefois persister plusieurs semaines. Les 48 à 72 premières heures doivent faire l’objet d’une surveillance attentive, notamment chez les nourrissons. Les enfants de moins de 2 mois sont particulièrement exposés aux formes sévères.

La prise en charge repose avant tout sur des soins simples et une surveillance attentive.

Les gestes essentiels

  • Laver régulièrement le nez. Le lavage au sérum physiologique permet de dégager les voies respiratoires. Il est particulièrement important avant les repas et aussi souvent que nécessaire.
  • Continuer à faire boire l’enfant. S’il a du mal à boire, proposez-lui des quantités plus petites mais plus fréquemment.
  • Coucher l’enfant sur le dos. Même lorsqu’il est enrhumé ou encombré, le bébé doit être couché sur le dos, à plat.
  • Aérez régulièrement la chambre et évitez de trop couvrir l’enfant. Une température d’environ 19 °C est recommandée.
  • Éviter toute exposition à la fumée du tabac. La fumée de cigarette peut aggraver les symptômes respiratoires.

Quand faut-il consulter ?

Une consultation médicale est recommandée notamment si :

  • votre bébé a moins de 6 semaines ;
  • il s’agit d’un ancien prématuré de moins de 3 mois ;
  • votre enfant présente une maladie respiratoire ou cardiaque connue ;
  • il boit nettement moins que d’habitude ou vomit systématiquement ;
  • son état général se dégrade ;
  • il présente une forte fièvre mal tolérée ;
  • sa respiration devient beaucoup plus rapide ou difficile.

Appelez immédiatement le 15 si votre enfant :

  • fait des pauses respiratoires ;
  • présente une gêne respiratoire importante ou une respiration anormalement lente ;
    fait un malaise ;
  • est très difficile à réveiller ou ne réagit plus normalement ;
  • présente une coloration bleutée de la bouche ;
  • refuse complètement de boire ou de prendre le sein.

En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Les traitements à privilégier

La prise en charge de la bronchiolite aiguë repose principalement sur des mesures non médicamenteuses, notamment le lavage du nez. La kinésithérapie respiratoire n’est pas recommandée systématiquement lors d’un premier épisode de bronchiolite du nourrisson. Dans certaines situations particulières, un professionnel de santé peut toutefois juger qu’elle est nécessaire. Les médicaments ne sont généralement pas indiqués pour traiter une bronchiolite aiguë. Les antibiotiques sont réservés aux rares situations de surinfection bactérienne. Les sirops contre la toux et les fluidifiants bronchiques sont contre-indiqués.