Elus : intoxications alimentaires, comment agir en tant qu’élu ?

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En tant qu’élu responsable de restauration collective (restauration scolaire, EHPAD…), vous pouvez être confronté à des suspicions de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC). Du signalement à l’investigation, quelles sont les bonnes pratiques à adopter et celles à éviter ? On fait le point avec les médecins du service de veille sanitaire de l’ARS.

Les TIAC font partie de la liste des maladies à déclaration obligatoire. Qu’elles soient avérées ou suspectées, leur signalement précoce permet : 

  • De déclencher le plus rapidement possible des investigations épidémiologiques, alimentaires et microbiologiques. Ces investigations permettront de décrire l’événement, den identifier lorigine et de maîtriser rapidement la source de la contamination.
  • De relier le cas échéant plusieurs foyers distincts géographiquement, mais dont les similitudes peuvent permettre lidentification dun produit contaminé largement distribué

Les médecins de l’ARS soulignent « responsable de la collectivité, médecin, familles… N’importe qui peut effectuer ce signalement ». Si deux personnes ou plus ont partagé un repas ou un aliment et présentent les mêmes symptômes digestifs, une TIAC est suspectée, l’ARS évalue la pertinence et la gravité du signal et engage, le cas échéant, une investigation. En cas de suspicion d’intoxication alimentaire collective, le signalant peut contacter 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, le point focal régional de l’ARS Hauts-de-France pour que puissent être signalés et gérés des événements présentant un risque pour la santé : 03 62 72 77 77 ars-hdf-signal@ars.sante.fr

Les médecins et infirmiers de l’ARS débutent alors les investigations et élaborent un questionnaire alimentaire et médical adapté à chaque situation. L’objectif : identifier le ou les aliments incriminés et les microorganismes concernés. Les résultats d’analyse de biologie vont par ailleurs être étudiés. A cette étape, les médecins recommandent de ne pas interférer dans l’investigation et de ne pas orienter la population vers un ou des aliments spécifiques : « tout un chacun, notamment les particuliers concernés, a tendance naturellement à vouloir orienter, parfois à tort, vers un ou des aliments qui auraient été consommés ». Or, même si elle part d’une bonne intention, cette tendance est préjudiciable à l’investigation. A cet égard, en matière d’information du public, on recommande de se limiter à expliquer que les autorités sanitaires ont été saisies et qu’elles mènent l’investigation.

A l’issue de son investigation, l’ARS valide ou invalide (en général lorsqu’il s’agit en réalité d’une origine virale aux gastro-entérites) le signal de TIAC. Si le signal est validé, les conclusions de l’ARS sont transmises à Santé Publique France ainsi qu’à la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) qui prend le relais et va mener une enquête de terrain.

A cette étape, la DDPP mène une inspection de terrain par laquelle elle s’assure du respect des mesures d’hygiène alimentaire (respect de la chaine du froid, températures de cuisson, formation des personnels, etc.), effectue des prélèvements alimentaires, envoie, s’il y en a, les plats-témoins à un laboratoire spécialisé et prend les mesures correctives éventuellement nécessaires (retrait des produits, mise en demeure, fermeture administrative, etc.).

Les médecins du service de veille sanitaire de l’ARS rappellent « une fois encore, la règle est de ne pas interférer et de ne pas toucher aux plats-témoins dont la gestion doit être absolument laissée aux enquêteurs de la DDPP qui pourront ainsi les analyser le cas échéant. En amont, on ne rappellera jamais assez que la meilleure façon d’éviter une TIAC est de s’assurer de la formation du personnel, du respect de la chaine du froid, des températures de cuisson, des mesures d’hygiène, de la qualité de la traçabilité, etc ».