Ce programme permettra d'évaluer les conditions et modalités de mise en œuvre les plus sûres et efficaces pour la population cible en vue de la généralisation d'un programme organisé d'un dépistage du cancer du poumon. Au total, la participation de 20 000 volontaires est attendue dans les 5 régions pilotes.
Le dépistage du cancer du poumon permet de détecter la maladie à un stade précoce, avant l’apparition des symptômes, de façon à ce qu’un traitement plus efficace soit possible. Plus le cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont élevées : les études montrent que ce dépistage pourrait réduire de 20% la mortalité liée au cancer du poumon. En 5 ans, en France, on estime à 13 000 le nombre de décès qui pourraient être évités grâce à ce dépistage.
Le dépistage du cancer du poumon est destiné aux personnes présentant un risque élevé de développer cette maladie.
Les personnes pouvant participer doivent respecter les critères suivants:
- être âgé de 50 à 74 ans
- être fumeur ou ancien fumeur ayant arrêté depuis moins de 15 ans
- avoir une consommation cumulée de tabac correspondant à au moins 20 paquets années (un paquet année correspond à la consommation d’un paquet de 20 cigarettes par jour pendant un an ou deux paquets par jour pendant 6 mois) OU plus de 15 cigarettes (ou équivalent) par jour pendant plus de 25 ans OU plus de 10 cigarettes (ou équivalent) par jour pendant plus de 30 ans.
La consommation de cigarettes roulées, de cigarillos, de cigares, fumer ou avoir fumé la pipe ou la chicha sont également à prendre en compte.
Le scanner thoracique
Les participants au programme réalisent deux scanners thoraciques à faible dose à un an d’intervalle puis tous les deux ans. Selon le résultat du 1er scanner, le deuxième scanner sera réalisé dans un délai plus proche. D’une durée totale de moins de 10 minutes, il ne nécessite pas d’injection. Un premier radiologue analyse les images du scanner. Elles sont ensuite relues par un autre radiologue et par un système d’intelligence artificielle. Cet examen est pris en charge à 100 % par les régimes d’assurance maladie.
Si un cancer est diagnostiqué, la personne est orientée vers une équipe pluridisciplinaire pour une prise en soins incluant un soutien psychologique.
La consultation d'aide à l'arrêt du tabac
Les participants peuvent bénéficier de consultations d’aide à l’arrêt du tabac. Soit le médecin dépisteur est formé et peut engager le sevrage tabagique, soit il n’est pas formé et dirige le patient vers un tabacologue. Le sevrage tabagique augmente l’efficacité du dépistage. Des études internationales ont démontré que combiner le dépistage à l’arrêt du tabac réduit de 38 % le risque de décès par cancer du poumon.
Le scanner à faible dose est réalisé dans un centre d’examen agréé. Dans notre région, 12 centres de radiologie sont habilités à réaliser les scanners thoraciques et ouvriront progressivement au cours de l'étude: à Abbeville, Amiens, Beuvry, Compiègne, Douai, la Métropole Lilloise, Rouvroy et Valenciennes. Il n'y a pas de centre de radiologie dans l'Aisne mais les patients pourront être inclus dans un de ces centres.
Retrouvez la liste sur le site depistage-cancer-poumon.fr ou en appelant le numéro national 34 33.
Etape 1: Manifester son souhait et vérifier son éligibilité
Etape 2. Prendre rendez-vous pour la consultation d’inclusion qui valide l’inscription au programme.
Le médecin investigateur informe en détail la personne sur les modalités du dépistage et recueille son accord de participation. Si la personne fume, une consultation d'aide à l'arrêt du tabac lui est proposée. Cette consultation peut être suivie de deux autres consultations.
Etape 3. Prendre rendez-vous pour le scanner et si nécessaire pour une consultation d'aide à l'arrêt du tabac
La personne ainsi que son médecin traitant recevront les résultats dans un délai de 15 jours.
Aux côtés des médecins investigateurs dont la mission est notamment de vérifier l'éligibilité et de formaliser les inclusions, les professionnels de santé informent et orientent les patients vers le programme. Ils peuvent identifier au sein de leur patientèle les personnes éligibles, les informer sur les modalités du dépistage et les orienter vers un médecin investigateur, le centre d'appel 34 33 et le site dédié Impulsion.
Pour accompagner les professionnels de santé dans la sensibilisation de leurs patients, plusieurs supports d'information ont été créés par l'INCA:
- Un dépliant qui résume l'essentiel du programme et des arguments clés à proposer aux patients,
- Un livret d'information pour les personnes concernées, qui rappelle les bénéfices du dépistage, les modalités d'entrée dans le programme et son déroulement,
- le site de l'INCA et le site dédié Impulsion.
Tous ces documents peuvent être téléchargés ci-dessous.
- Le cancer du poumon représente la première cause de mortalité par cancer avec 2779 décès par an en moyenne et une surmortalité importante chez les hommes de + 19% par rapport à la France hexagonale sur la période 2021-2023. Le taux de mortalité masculin diminue à un rythme un peu plus soutenu en Hauts-de-France qu’en France. Chez les femmes, en revanche, la mortalité augmente plus rapidement.
- En France comme en Hauts-de-France, alors que le taux d’incidence tend à se stabiliser chez les hommes, il augmente de façon préoccupante chez les femmes. Cette augmentation est le résultat d’une consommation de tabac chez les femmes qui s’est intensifiée dans les années 80/90, tandis que celle des hommes commençait à diminuer
- Le tabagisme représente le 1er facteur de risque de développer la maladie. Sa consommation est responsable de plus de 80 % des cancers du poumon.





