Les métabolites du chlorothalonil

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Le contrôle sanitaire de l’eau vise à identifier partout dans la région d’éventuels dépassements des normes en vigueur et, le cas échéant, à ce que le gestionnaire de l’eau mette en place des actions correctives et/ou des mesures de restriction de consommation.

Le ministère de la santé a missionné depuis plusieurs années les institutions d’expertise françaises pour disposer de connaissances sanitaires sur les pesticides et leurs métabolites, établir et diffuser des consignes pour une recherche ciblée et adaptée à chaque territoire. C’est ainsi que l’ANSES a été saisie pour mener une campagne exploratoire de mesures relatives aux polluants émergents dans l’eau potable

Le rapport de l’ANSES a mis en évidence de façon générale en France la présence de métabolites du chlorothalonil et la nécessité de les intégrer au contrôle sanitaire de l’eau de consommation.

Le contrôle sanitaire de l’eau vise à identifier partout dans la région d’éventuels dépassements des normes en vigueur et, le cas échéant, à ce que le gestionnaire de l’eau mette en place des actions correctives et/ou des mesures de restriction de consommation.

Le chlorothalonil, pesticide déjà recherché depuis plus de 10 ans

Le chlorothalonil est une molécule fongicide très utilisée, en France, jusque mai 2020 principalement dans le cadre de la culture des céréales (maladies du blé et de l'orge), mais aussi sur les protéagineux (pois, féverole), pommes de terre et légumes.

Cette substance est recherchée dans tous les captages de la région depuis plus de 10 ans. La valeur sanitaire maximale (Vmax), au-delà de laquelle l’eau pourrait présenter un risque pour la santé et ne peut plus être consommée, a été fixée par l'ANSES à 45 µg/L. Dans la région, toutes les analyses réalisées pour ce paramètre sur les captages depuis plus de 10 ans sont inférieures à la Vmax et à la limite de qualité de 0,1 µg/L.

Les chlorothalonil R471811 et R417888, métabolites du chlorothalonil

En se diffusant dans notre environnement, les pesticides peuvent se transformer en une ou plusieurs autres molécules appelées "métabolites".

Les chlorothalonil R471811 et 417888, des métabolites du chlorothalonil, ont été intégrés au contrôle sanitaire de l’ARS HDF dès lors que l’Anses a publié un avis sur leur pertinence :

  • en juillet 2023 pour le métabolite R471811 ;
  • en juillet 2024 pour le métabolite R417888.

L’ANSES est chargée par le Ministère en charge de la santé de qualifier les métabolites au regard de leur risque sanitaire pour le consommateur sur la base des connaissances scientifiques disponibles en métabolites pertinents ou non pertinents. En absence d'évaluation par l’ANSES, un métabolite est considéré pertinent par défaut. Au regard des nouvelles connaissances acquises, le classement de la pertinence d’un métabolite par l’ANSES peut évoluer, modifiant ainsi les consignes de gestion appliquées à ce métabolite.

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Les abonnés reçoivent actuellement, de la part des exploitants du réseau d’eau, les infofactures réalisées grâce aux données de l’année 2023.

En 2023, le métabolite R471811 était considéré comme pertinent selon l’Anses. La limite de qualité de 0,1µg/L et la valeur sanitaire transitoire (VST) de 3 µg/L s’appliquaient donc pour ce paramètre. Il apparait donc non conforme dès dépassement de la limite de qualité, entrainant un classement de l’indicateur global de la qualité de l’eau en catégorie C.

Un avis récent de l’Anses du 29 avril 2024 a modifié la prise en compte de ce métabolite chlorothalonil R471811 dans le contrôle sanitaire. Désormais non pertinent, ces valeurs ne sappliquent plus. Il relève dorénavant de la valeur indicative fixée par lAnses à 0,9 µg/L pour les métabolites non pertinents. En cas de dépassement de cette valeur indicative de 0,9µg/L, leau peut continuer à être consommée. Néanmoins, le dépassement de cette valeur montre une vulnérabilité de la ressource vis-à-vis des pollutions diffuses impliquant ainsi la mise en place d’un plan d’actions par la personne responsable de la production et/ou de la production d’eau (PRPDE) pour respecter cette valeur indicative.

 

Aller plus loin

La différence entre une « limite de qualité » et une « valeur sanitaire maximale »

La « limite de qualité » (0,1 µg/L pour chaque pesticide ou métabolite présent dans l’eau) est uniquement une valeur environnementale (et non une valeur sanitaire) établie au niveau européen. Comme son nom l’indique, cette « limite de qualité » a pour objectif de réduire la présence des pesticides et métabolites au plus bas niveau de concentration dans l’eau. Une eau contenant des teneurs en métabolites supérieures à 0,1 µg/L est donc qualifié de « non conforme » au regard de cette valeur environnementale, mais elle nest pas forcément impropre à la consommation.

La consommabilité de l’eau est établie au regard d’une autre valeur, fixée par l’ANSES : la valeur sanitaire maximale (Vmax). Cette Vmax n’étant pas encore établie par l’ANSES pour le métabolite chlorothalonil R417888; dans l’attente d’une Vmax, une valeur sanitaire transitoire (VST) de 3 µg/L d’eau a été fixée par le ministère de la santé.