Métabolites de pesticides : restriction de consommation de l’eau dans 5 communes

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Verre d'eau

La surveillance renforcée de l’eau du robinet mise en place dans plusieurs communes concernées par des taux importants de métabolites de pesticide a permis de consolider un dépassement de la valeur sanitaire transitoire qui conduit à des restrictions de consommation pour 5 communes dans la région.

Une phase de surveillance renforcée a été menée dans les communes où les taux de métabolites sont les plus importants, et susceptibles de dépasser la valeur sanitaire transitoire de 3µg/L d’eau, à partir de laquelle des restrictions de consommation doivent être prononcée. Plus d’informations sur la surveillance engagée par l’Agence.

Des taux de métabolites supérieurs à la valeur sanitaire transitoire de 3µg/L entrainent des restrictions de consommation prononcées par les préfectures pour 5 communes :

  • Le Thuel (Aisne)
  • Merlieux-et-Fouquerolles (Aisne)
  • Mont-l’Evêque (Oise)
  • Rogécourt (Aisne)
  • Versigny (Aisne)

En application des consignes du Ministère de la santé, et jusqu’à nouvel ordre, il est donc recommandé dans ces communes de ne plus boire l’eau du robinet, de ne plus l’utiliser pour préparer les repas et les boissons (cuisson des pâtes, soupes, thé/café etc.) et de ne plus l’utiliser pour le lavage des dents.

L’eau du robinet peut continuer à être utilisée pour faire la toilette, laver la vaisselle (y compris les biberons), le linge, les sols, laver les légumes et les arroser, alimenter les WC, etc.

Le responsable de la distribution proposera en substitution un dispositif d’approvisionnement des habitants en eau potable et devra les informer de toute évolution de la situation.

L’ARS rappelle que les captages d’eau privés ne sont pas ou peu contrôlés. La qualité de l’eau n’y est pas connue et peut être dangereuse pour la santé. Il est donc fortement déconseillé de la boire, de l’utiliser pour préparer les repas et boissons, ou pour se laver les dents.  

La restriction de consommation pourra être levée dans trois situations :

  • Si les contrôles fréquents réalisés par l’Agence régionale de santé montrent que le taux de métabolites diminue naturellement et qu’il passe sous la limite de 3 microgrammes de métabolite par litre. Cela peut être le cas dans les communes qui sont aujourd’hui juste au-dessus de cette valeur limite ;
  • Soit parce que la commune a pu mettre en place une solution technique permettant de descendre sous la limite de 3 microgrammes de métabolites par litre ;
  • Soit parce que les connaissances scientifiques sur les métabolites progressent entraînant une évolution de la réglementation relative à la gestion leurs dépassements.

Des restrictions de consommation prises par précaution

En 2007, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a écarté un risque pour la santé humaine associé à ces deux métabolites, compte tenu du fait que la molécule-mère (la chloridazone) ne présente aucun potentiel cancérigène ou mutagène. Plus précisément, l’EFSA indique que la chloridazone-desphényl et la chloridazone-méthyl-desphényl sont d'une toxicité comparable ou inférieure à celle de la chloridazone  (déjà dit au-dessus)

En avril 2020, l’ANSES a classé les métabolites de la chloridazone comme pertinents, non pas parce qu’un risque pour la santé a été établi mais « par défaut », en raison de faiblesses identifiées dans les protocoles toxicologiques disponibles alors. L’ANSES indique ainsi qu’il n’est pas possible de conclure sur les potentiels mutagènes ou génotoxiques de la chloridazone-desphényl et de la chloridazone-méthyl-desphényl.

Les restrictions de consommation de l‘eau du robinet qui contiennent des métabolites de la chloridazone sont donc prises par précaution.