Hauts-de-France

Le programme de coopération territoriale européenne Interreg V France-Wallonie-Vlaanderen

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Le programme de coopération territoriale européenne Interreg France-Wallonie-Vlaanderen s’inscrit dans une volonté de favoriser les échanges économiques et sociaux entre cinq régions frontalières : les Régions Hauts-de-France et Grand Est en France ; la Wallonie, la Flandre occidentale et orientale en Belgique.
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Le programme France-Wallonie-Vlaanderen : 5 régions françaises et belges qui coopèrent pour effacer la frontière !
Ce programme vise à associer des compétences communes tout en valorisant les richesses de chaque région concernée, et ce, au bénéfice des populations de la zone. L’objectif : améliorer les pratiques sur l’aide aux aidants. 

Un espace transfrontalier au cœur de l’Europe
Le programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen s'étend sur un territoire transfrontalier vaste, à cheval sur la France et la Belgique, qui jouit d'une situation privilégiée au cœur de l'Europe. Il couvre une superficie de 62.000 km² et comprend plus de 10,8 millions d'habitants.

Le territoire couvert regroupe :

  • les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de l'Aisne, de l'Oise, de la Somme, des Ardennes et de la Marne en France
  • les provinces de Flandre occidentale et orientale en Flandre
  • les provinces du Hainaut, de Namur et du Luxembourg en Walloni
Logo projet A-P Réseau-Service

Face au vieillissement de la population, l’accompagnement des aidants proches est devenu un enjeu de santé publique majeur pour les Etats européens. Parmi ces aidants, beaucoup sont surexposés à des facteurs de stress pouvant les conduire à un épuisement personnel. Ce constat est d’autant plus vrai pour les aidants de personnes âgées en perte d’autonomie.

L’ARS, l’Agence pour une vie de qualité (AVIQ) Wallone et le Département du Nord s’associent dans un projet transfrontalier. A partir des dispositifs médico-sociaux existants entre la région Hauts de France et la Wallonie, le projet A-P /Réseau Service a pour ambition de créer un réseau de professionnels franco-belges spécialisés dans l’aide aux aidants de personnes âgées en perte d’autonomie vivant à domicile. Il vise aussi à offrir des services d’accompagnement de qualité aux aidants proches.

Comment se déroule le projet ?
Le projet A-P Réseau Service invite les acteurs des deux pays à repenser leurs pratiques professionnelles dans l’accompagnement des aidants proches. 

Le projet AP/réseau-services

Les trois axes du projet : 

  • Un axe dédié à la montée en compétence des professionnels de l’aide par la mise en place d’un programme de formation novateur et adapté à leurs besoins : la formation au repérage
  • Un axe dédié à améliorer l’accompagnement des aidants et prenant en considération le parcours de vie du couple aidant/aidé : le counseling
  • Un axe visant à créer un réseau de professionnels franco-belges permettant de construire des approches communes : le réseautage

Les partenaires du projet
Ce programme bénéficie également de partenaires associés : CARSAT, université de Lille 3 de sociologie, association française des aidants, associations France Alzheimer et Alzheimer Belgique, Provincie West Vlaanderen, POM West Vlaanderen, Vives Hogeschool, Ziekenzorg, mutualités socialistes, mutualités chrétiennes, mutualités libres, FEDOM- Fédération, wallonne des services d’aide à domicile, Aidants Proches Belgique.

 

 

Les comités de pilotage et scientifique du projet se sont réunis le 7 décembre 2018 pour présenter les actions en cours, les indicateurs de résultat et les perspectives. Depuis le début du projet, des outils ont été créés et des professionnels formés.

  • 103 professionnels franco-belges formés au repérage des aidants en situation d'épuisement personnel et à l'accompagnement individualisé des aidants (alerte et counseling). Ces professionnels formeront à leur tour des collègues.
  • 4 rencontres interprofessionnelles sur des thématiques de travail : l’accompagnement de l’aidant, la sensibilisation du grand public et la sensibilisation de l’aidant proche.
    113 acteurs intégrés au réseau ont échangé sur leurs pratiques professionnelles, les phases critiques du parcours des aidants, les solutions pour prévenir les situations de crise.
  • Elaboration du support « la roue des besoins de l’accompagnement » (voir l'onglet suivant) qui permet lors des entretiens avec les aidants, de présenter l’offre disponible, de repérer et prioriser les besoins et d’ « acter » les propositions faites et retenues avec l’aidant.
  • Réalisation d’une grille d’évaluation de la situation de l’aidant, à utiliser en amont de la roue des besoins
  • Un projet rendu visible sur les sites web de l’ARS, de l’AViQ, du conseil départemental du Nord et de la page Facebook 
  • Edition d’un site web Aidants proches/réseau -service (voir liens utiles en bas de la page web)
  • Rédaction d’une brochure à destination des aidants,  sur l’accompagnement individualisé.
  • Réalisation de clips vidéo incluant des témoignages d’aidants, pour une diffusion grand public

La roue des besoins est utilisée par des plateformes de répit du Nord de la France. 

Cet outil sera modifié et adapté dans le cadre du projet Interreg au sein du groupe de travail « Accompagnement de l’aidant » afin d’être utilisé par chaque professionnel qui le souhaite de manière transfrontalière

Roue des besoins dans le projet interreg

 

Vieillir, un fardeau pour les proches ? Vincent Caradec, sociologue, Université de Lille3

« L’aide à un proche âgé est souvent envisagée à travers la notion de burden. Or, celle-ci présente le double inconvénient de renforcer l’image de la vieillesse comme problème et d’occulter la diversité des significations que les aidants donnent à la situation. L’article, fondé sur l’analyse d’entretiens réalisés auprès d’aidants (conjoints et enfants, principalement), se propose d’élaborer une autre représentation, qui prend la forme d’une typologie mettant en relief la diversité des expériences de l’aide : aide-altération, aide-contraintes, aide-engagement et aide-satisfaction. »

Peut-on vivre heureux avec la maladie d’Alzheimer ? Pr Vincent Caradec

« La maladie neuro-dégénérative ne rend pas forcément le quotidien des personnes atteintes morne et insipide. L’entourage peut améliorer le vécu des malades. La maladie est associée à un imaginaire très sombre qui réduit les personnes à leur pathologie et les dépeint comme ayant perdu ce qui était au cœur de leur humanité : leur mémoire et leur capacité à raisonner. Une récente recherche de sociologie compréhensive, fondée sur 27 entretiens réalisés avec des personnes à un stade précoce ou modéré de la maladie, montre le décalage entre l’imaginaire et les vécus des enquêtés, qui sont bien plus contrastés. Ce qui frappe, tout d’abord, est que la maladie apparaît, pour beaucoup d’enquêtés, comme une préoccupation secondaire. »

Les besoins des aidants, Pr Pascal Antoine, Professeur de psychologie, Lille 3 et d’Emilie Wawrziczny, maître de conférences en psychologie, Lille 3

Les résultats de leurs travaux mettent en évidence une évolution dans le rapport au savoir des aidants et des personnes malades. Ils passent d'un besoin de comprendre les changements occasionnés par l’arrivée de la maladie à une mise à distance après l'annonce du diagnostic. De plus, avec l'avancée des troubles, les aidants éprouvent des difficultés à ajuster leur niveau d’aide, ce qui est source de conflits entre les deux partenaires. La majorité des besoins et des stratégies est commune à tous les aidants. Néanmoins, les aidants de personnes malades jeunes expriment plus de besoins en termes de maintien de contact, d'adaptation des structures de soins et d'accompagnement dans les démarches administratives. Les aidants de personnes malades âgées utilisent plus l'humour, l'aménagement et la mise à distance de l'entourage comme stratégies d'ajustement. L’étude met en évidence 4 facteurs influençant le sentiment de détresse des conjoints aidants : le sentiment d'être préparé, la qualité du support familial, l’évaluation de sa santé et la qualité d’ajustement du couple. Ce dernier facteur est plus important pour les conjoints aidants de personnes malades jeunes.

Le souci des autres : enjeux éthiques de l'accompagnement informel des malades d'Alzheimer, Fabrice Gzil, philosophe, éthicien, fondation Médéric Alzheimer 

« Bien que les problèmes rencontrés par les aidants informels des personnes atteintes de démence fassent l'objet d'un intérêt croissant, les dilemmes éthiques qu'ils rencontrent sont peu étudiés. Ces enjeux sont généralement abordés du point de vue des professionnels. Or les aidants informels rencontrent de nombreux problèmes éthiques et ceux-ci ne sont pas entièrement superposables à ceux rencontrés par les professionnels. Quatre grands enjeux sont ici envisagés : respecter la dignité élémentaire des personnes ; concilier respect de la liberté et protection des personnes vulnérables ; décider pour autrui ; maintenir les personnes malades dans la communauté des humains. »

La recherche est un devoir, Fabrice Gzil

« La recherche est un devoir pour améliorer les réponses. Il n’y a pas d’innovation sans recherche. On a besoin de méthode, d’indicateurs, d’évaluer ce que l’on fait dans un souci de transfert de connaissances. Si cela fonctionne, il faut disséminer pour en faire profiter de nombreux malades. »

La théorie du bien vieillir, Pr Stéphane, psychologue, université de Liège

« Les personnes âgées sont programmées pour voir le positif de la vie, vivre l’instant présent, toutes les études le montrent. Avec l’âge certes le réseau social s’amenuise mais l’essentiel est d’être entouré de ceux que l’on aime. La qualité prime alors sur la quantité».

 

Aller plus loin

Plus d’informations sur le projet A-P/Réseau-Service

Un espace de documentation sur le projet A-P/Réseau-Service est disponible.

Pour y accéder, cliquez-ici.
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