Hauts-de-France

Le Plan d’accès aux soins dans les Hauts-de-France

Article
Visuel
Plan d'accès aux soins
Le premier ministre et la ministre de la santé ont présenté en octobre 2017 un plan pour renforcer l’accès territorial aux soins. Les ARS sont chargées de son pilotage et, selon les cas, de faciliter, d’encourager ou de coordonner des initiatives locales.
Corps de texte

Le Plan d’accès aux soins est composé de 20 mesures dans 4 axes prioritaires : le renforcement de l'offre de soins, la révolution numérique en santé, une meilleure organisation des professions de santé, la confiance envers les acteurs des territoires. Certaines mesures relèvent du niveau national, comme le cumul emploi/retraite, l’entrée d’actes de télémédecine dans le droit commun, l’augmentation des crédits pour soutenir l’exercice coordonné, etc. D’autres, les plus nombreuses, reposent sur des initiatives territoriales. Retrouvez ci-dessous les mesures mises en œuvre par l’ARS Hauts-de-France et les initiatives supplémentaires prises par l’Agence.

LES MESURES MISES EN ŒUVRE PAR L’ARS

Développer les consultations avancées pour limiter le déplacement des patients et faciliter l’accès aux soins de spécialité
Les consultations avancées offrent la possibilité à un médecin de réaliser des vacations (en libéral, à l’hôpital...) dans un territoire prioritairement où la densité médicale est faible. Ce type de consultations organisées au plus près du patient est déjà en cours de déploiement en Hauts-de-France.

Généraliser le contrat de médecin adjoint pour renforcer le temps médical 
Aujourd’hui, ce contrat permet à des internes d’exercer en zones à fort afflux touristique ou en cas d’épidémie, en renfort temporaire d’un médecin déjà installé. Demain, cette possibilité sera étendue à l’ensemble des zones sous-denses.

Favoriser les stages ambulatoires des professionnels de santé en formation
Le développement des stages en ville pour la médecine générale et les autres spécialités permet de faire connaître l’exercice libéral, de découvrir une pratique et un territoire. En Hauts-de-France, 100% des étudiants externes de médecine réalisent un stage chez un médecin généraliste. 460 maîtres de stages en médecine générale accueillent des internes

Développer les coopérations entre les professionnels de santé afin de rendre un meilleur service à la population pour optimiser le temps médical et favoriser le développement de nouveaux métiers
Le dispositif existant sera simplifié et étoffé pour permettre dès 2018 d’avantage de coopérations entre médecins et auxiliaires médicaux. 12 protocoles de coopération sont autorisés à ce jour en Hauts-de-France, pour la vaccination, la radiologie et l’ophtalmologie.

Créer des postes « d’assistants partagés » entre la ville et l’hôpital
Ce dispositif permet à tous les jeunes médecins diplômés d’exercer à la fois à l’hôpital et dans un cabinet, une MSP, un centre de santé... en zone sous-dense. Il fera l’objet d’une démarche conjointe entre l’ARS, l’hôpital, les collectivités locales et l’Union Régionale de Professionnel de Santé (URPS). En 2017, 40 postes d’assistants partagés ont été financés entre établissements par l’ARS

Aider à l’installation et à l’exercice des médecins dans les zones en tension
L’ARS incite les médecins généralistes à exercer dans les territoires à faible densité médicale.
En Hauts-de-France, le nombre de CESP signés a été multiplié par 4 depuis 2012, avec 223 contrats signés. En Hauts-de-France, 57 contrats de praticien territorial de médecine générale ont été signés.

LES INITIATIVES SUPPLÉMENTAIRES PRISES PAR L’ARS

La filière d’excellence santé, pour favoriser l’accès aux études médicales Depuis 2016, plus de 400 lycéens de 1ère et terminale bénéficient de la filière d’excellence santé avec un taux de réussite équivalent aux autres étudiants.

L’accompagnement des nouveaux internes dans la région : l’ARS s’implique chaque année dans l’accueil des nouveaux internes en présentant au sein des facultés l’ensemble des dispositifs auxquels ils peuvent prétendre. Un « forum des carrières » est organisé en partenariat avec l’assurance maladie, les représentants des professionnels et des établissements de santé de la région. La page Facebook « Du stylo au stétho : se former et exercer la médecine » a été créée en 2013 par l’ARS. Une première en France, reprise depuis par plusieurs agences : https://fr-fr.facebook.com/ du.stylo.au.stetho.

LES MESURES DE PORTÉE NATIONALE

- Faciliter le cumul emploi/retraite des médecins libéraux pour maintenir des médecins sur le territoire
- Faciliter les remplacements et l’exercice mixte (salarié/libéral)
- Organiser la contribution des centres médicaux des armées

LES MESURES MISES EN ŒUVRE PAR L’ARS

Accompagner l’équipement des établissements médico-sociaux, des établissements de santé (dont les hôpitaux de proximité), des MSP et des centres de santé dans le déploiement de la télémédecine
Le Plan d’accès aux soins prévoit d’équiper tous les EHPAD et des structures en zones sous-denses d’un dispositif permettant la téléconsultation afin d’éviter certaines hospitalisations et d’améliorer le suivi des patients résidents. 28 000€ seront alloués par établissement sanitaire, médico-social ou structure d’exercice coordonné pour l’accompagnement, la mise à disposition de locaux et l’investissement nécessaire à la télémédecine. 200 téléconsultations de cardiologie ont été réalisées en 2017.

LES INITIATIVES SUPPLÉMENTAIRES PRISES PAR L’ARS

Sous l’impulsion de l’ARS, la télémédecine est aujourd’hui une réalité dans les Hauts-de-France. Plusieurs expérimentations sont mises en place et financées par l’ARS :
- La télé-expertise pour la détection des tumeurs cutanées dans l’Aisne, l’Oise et la Somme : grâce à ce dispositif, 91 médecins généralistes peuvent demander une expertise à distance à des confrères dermatologues.
- La télé-expertise pour la prise en charge des plaies chroniques ou complexes dans le SudAvesnois, entre trois MSP et le centre hospitalier de Sambre-Avesnois
- Le dépistage de la rétinopathie diabétique, grâce à la télé-imagerie, permet la télétransmission de clichés réalisés par l’orthoptiste et de données médico–administratives à une équipe d’ophtalmologistes, pour une lecture à distance.

La révolution numérique en santé est par ailleurs anticipée et favorisée par l’ARS dans le projet régional de santé 2018-2027, articulé en 5 axes :
- La poursuite de la numérisation su secteur en développant notamment les dispositifs sécurisés de partage et d’échange d’informations.
- Le développement de la télémédecine.
- Le déploiement d’applications numériques pour faciliter les prises de rendez-vous, le renouvellement d’ordonnance, la coordination entre acteurs, la préparation des hospitalisations, etc. - Le développement de dispositifs numériques dans le champ de la prévention (objets connectes, télé-suivi, etc.) et des prises en charge sur le lieu de vie (télésurveillance dans le cadre d’une HAD, etc.).
- La collecte et le traitement des données de santé, afin notamment d’évaluer au mieux les projets et expérimentations menés dans la région

LES MESURES DE PORTÉE NATIONALE

- Inscrire la télémédecine dans le droit commun dès 2018
- Faire émerger les territoires digitaux

 

LES MESURES MISES EN ŒUVRE PAR L’ARS

Soutenir le développement des MSP, des centres de santé et de tous les modes d’exercice coordonné
Le travail en équipe est aujourd’hui plébiscité par les professionnels de santé. Pour le patient, être suivi par des professionnels travaillant en équipe facilite l’accès aux soins, au moment où il en a besoin. Cela lui permet aussi de bénéficier d’une  coordination des soins, qui allie qualité et sécurité. Parmi les structures d’exercice coordonné, et sous l’impulsion de l’ARS, la MSP connait un plein essor dans notre région. Elle réunit des professionnels de santé (médecins généralistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pharmaciens...) qui ont choisi de travailler ensemble et de façon coordonnée au sein d’une même structure, pour offrir à la population une prise en charge la plus globale possible. Elle permet également de participer à des actions de prévention et d’éducation à la santé.

La dynamique MSP en Hauts-de-France :

  • Nombre de MSP multiplié par 4 entre 2010 et 2017
  • 81 MSP ouvertes,
  • 105 projets en cours
  • 5 M€ alloués par l’ARS depuis 2012 pour accompagner les MSP
  • 93 centres de santé polyvalents
  • 8 projets de communautés professionnelles territoriales de santé

Garantir une réponse aux demandes de soins non programmés aux heures d’ouverture des cabinets en
s’appuyant sur les initiatives professionnelles

Entre 1996 et 2014, le nombre de passages aux urgences a presque doublé, passant de 10 à quasiment 20 millions de passages par an. Selon la DREES, les ¾ de ces passages ont lieu aux heures d’ouverture des cabinets médicaux les jours de semaine. Dans 43% des cas, le passage aux urgences aurait pu être pris en charge en ville. Les ARS mettront en place, avec les professionnels, des organisations permettant de garantir dans chaque territoire une offre de soins non programmés pendant les heures d’ouverture des cabinets de médecine générale, ainsi que le samedi matin.

Créer un guichet unique d’information et d’orientation pour l’exercice des professionnels de santé
Trois dispositifs d’accompagnement sont proposés par l’ARS Hauts-de-France :

  • Le guichet unique départemental : cette première en France a été créée dans l’Aisne en 2014. Il permet aux médecins et infirmiers libéraux de s’informer et de réaliser toutes les démarches d’installation au même moment et dans un même lieu. 
  • Le correspondant installation : depuis 2013, il conseille et oriente les professionnels lors de leur installation (présentation des aides, accompagnement dans les démarches…), dans les moments clefs de leur parcours professionnel ou dans leurs projets, en s’appuyant sur son réseau (Ordres, assurance maladie, doyens d’universités…), En Hauts-de-France, le correspondant installation répond à environ 1 000 sollicitations par an. Directement joignable au 03 72 72 86 80. Mail : ars-hdf-referent-installation@ars.sante.fr.
  • Le portail d’accompagnement des professionnels de santé (PAPS). Il informe et accompagne tout professionnel de santé de premier recours, en formation ou en exercice, aux différents moments clés de sa carrière : formation initiale, choix du mode d’exercice, montage de projets d’exercice coordonné... Hauts-de-france.paps.sante.fr

123 professionnels ont déjà bénéficié de ce service depuis son ouverture 1 000 sollicitations du correspondant installation par an. Chaque mois, 3 000 internautes consultent le PAPS Hauts-de-France.

Simplifier la prise en charge des patients en situation complexe en faisant converger financièrement les dispositifs d’appui aux parcours complexes selon les territoires.
Il existe de nombreuses structures d’appui aux professionnels sur les territoires. Celles-ci sont présentes pour les aider à prendre en charge des cas complexes.

LES MESURES MISES EN ŒUVRE PAR L’ARS

Co-construire un projet d’animation et d’aménagement du territoire par les professionnels de santé, les usagers, les institutions et les élus des territoires
La Plan d’accès aux soins mise sur le développement de projets adaptés aux caractéristiques des territoires. Ils s’appuieront sur la responsabilité territoriale, en réunissant les acteurs au niveau régional à travers le projet régional de santé (PRS) et les contrats locaux de santé (CLS). En Hauts-de-France, le nouveau PRS sera adopté en juin 2018. 26 CLS sont d’ores et déjà signés dans la région. Plusieurs projets sont portés par les acteurs de santé des Hauts-de-France et répondent aux caractéristiques du territoire dans lequel ils s’inscrivent.

LES MESURES DE DIMENSION NATIONALE

- Créer un cadre commun permettant aux professionnels de santé d’expérimenter de nouvelles organisations 
- Evaluer régulièrement la mise en place des différentes actions territoriales
- Appuyer les ARS dans l’accompagnement des projets de territoire