L’ARS Hauts-de-France demande aux hôpitaux les plus en tension de se préparer à des premières mesures de déprogrammation

Communiqué de presse
Visuel
La dégradation de la situation épidémique et sanitaire conduit l’ARS Hauts-de-France à enclencher la mise en œuvre de plans de déprogrammation progressive et sélective dans les hôpitaux. L’agence renouvelle par ailleurs son appel solennel au respect scrupuleux des gestes barrières, dans toutes les situations du quotidien.
Corps de texte

Une accélération significative de la circulation du virus, en particulier chez les personnes âgées

Selon Santé publique France*, les taux d’incidence dans tous les départements des Hauts-de-France s’établissent désormais au-dessus de 50 / 100 000 habitants, avec une moyenne régionale à 158,6 / 100 000 habitants, supérieure depuis plusieurs semaines à la moyenne nationale. Le taux d’incidence dans le Nord dépasse les 200 depuis 3 semaines, à 225 / 100 000 habitants au 5 octobre.

  • Aisne : 58,2 / 100 000 habitants au 5/10
  • Nord : 225 / 100 000 habitants au 5/10
  • Oise : 119,6 / 100 000 habitants au 5/10
  • Pas-de-Calais : 128,7 / 100 000 habitants au 5/10
  • Somme : 82,8 / 100 000 habitants au 5/10
  • Hauts-de-France : 158,6 / 100 000 habitants au 5/10
  • France : 126,9 / 100 000 habitants au 5/10

Cette augmentation des taux d’incidence est particulièrement marquée chez les plus de 60 ans. Les taux d’incidence des 60-69 ans, 70-79 ans et 80-89 ans sont supérieurs à 100 / 100 000 habitants dans le département du Nord et sont bien au-dessus de la moyenne nationale :

  • 60-69 ans : 141,7 / 100 000 habitants au 4/10 (moyenne nationale 75,1)
  • 70-79 ans : 132,3 / 100 000 habitants au 4/10 (moyenne nationale 62,0)
  • 80-89 ans : 173,2 / 100 000 habitants au 4/10 (moyenne nationale 62,7)  

Ces données témoignent d’une accélération de la circulation du virus chez les personnes âgées, plus à risque de développer des formes graves de la Covid-19. Le taux d’incidence chez les 80-89 ans a notamment plus que doublé en 15 jours : 83,3 au 20/09 contre 173,2 au 4/10.

Outre le Nord, les taux d’incidence pour les personnes âgées sont également au-dessus de la moyenne nationale dans le Pas-de-Calais (101 pour les 60-69 ans ; 81,6 pour les 70-79 ans ; 79,3 pour les 80-89 ans) et dans la Somme (78 pour les 70-79 ans ; 117,6 pour les 80-89 ans).

Une situation épidémique inquiétante sur la Métropole européenne de Lille

Les indicateurs dans la Métropole européenne de Lille (MEL) démontrent une très forte circulation du virus avec un taux d’incidence de 308 / 100 000 habitants. Chez les plus de 65 ans le taux d’incidence est également à un niveau très haut de 273 / 100 000 habitants avec un taux de positivité aux tests RT-PCR de 15% (la moyenne régionale en population générale est de 10%).

Une augmentation préoccupante du nombre de patients Covid hospitalisés en médecine et en réanimation

L’augmentation de la circulation du virus se traduit par une hausse des hospitalisations, notamment en réanimation. Le taux d’occupation de patients Covid en réanimation s’établit désormais à 30%.

L’ARS organise avec les établissements de santé et les SAMU un suivi quotidien de la situation hospitalière et de l’impact de la Covid sur l’offre de soins. Elle coordonne avec les SAMU départementaux et les acteurs du système de santé la prise en charge des patients Covid et non Covid.

La situation actuelle conduit l’ARS Hauts-de-France à demander aux hôpitaux les plus en tension de se préparer à engager des premières mesures de déprogrammation, de façon progressive et sélective. Ainsi, les établissements de santé publics ayant un taux d’occupation global en réanimation supérieur à 91% et/ou un taux de patients Covid en réanimation supérieur à 30%, vont identifier des interventions nécessitant une réanimation ou des soins intensifs pouvant être reportées sans préjudice pour les patients. Pour rappel, l’objectif des déprogrammations est de libérer des personnels soignants ayant une compétence en réanimation et de faire face à une demande croissante d’admission de patients.

L’ARS assure l’animation territoriale et garantit la solidarité indispensable entre établissements de tous statuts. En cas de saturation capacitaire, l’ARS demande d’établir des opérations de collaboration entre établissements, avant d’engager des déprogrammations.

L’ARS renouvelle son appel au respect scrupuleux des gestes barrières et de l’isolement

L’évolution de la situation a conduit le Gouvernement à annoncer un renforcement des mesures d’ordre public dans la MEL afin de freiner l’épidémie et protéger les personnes les plus vulnérables.

L’ARS Hauts-de-France appelle à la vigilance et à la responsabilité de chacun. Le respect des gestes barrières, dont la distanciation sociale et le port du masque, sont plus que jamais nécessaires dans la sphère publique comme privée. Chacun doit limiter au maximum le risque d’être contaminé et de transmettre, sans le savoir, le virus à des personnes plus vulnérables. Evitons au maximum les interactions qui ne respectent pas les gestes barrières, même avec nos proches, même en famille. Respectons les mesures d’isolement en cas de symptômes (dans l’attente du résultat du test), en cas de test positif ou si nous sommes cas contacts. 

 

 

* Toutes les données présentées ont pour source Santé publique France. Consultées le 9/10/2020.

Données complètes disponibles sur geodes.santepubliquefrance.fr