L’antibiorésistance, enjeu majeur de santé publique

Communiqué de presse

Le 18 novembre se tient la journée européenne d’information sur les antibiotiques. L’ARS Hauts-de-France sensibilise à cette occasion à l’antibiorésistance, enjeu de santé publique majeur pour les années à venir.

Délivrés sur prescription médicale, les antibiotiques sont des médicaments permettant de soigner les infections bactériennes en éliminant les bactéries et évitant leur développement. Or, une trop forte consommation d’antibiotiques tout comme leur mésusage - c’est-à-dire pris à tort dans le cas d’une infection virale par exemple, ou lorsque le temps de traitement ou le dosage ne sont pas respectés – favorisent l'apparition de bactéries résistantes dans notre corps.

Selon une étude du Centre européen de prévention et contrôle des maladies, l’antibiorésistance pourrait d’ici 2050 avoir pour conséquences que les maladies bactériennes redeviennent l’une des principales causes de mortalité dans le monde en provoquant jusqu’à 10 millions de morts par an, contre une estimation de 700 000 décès par an actuellement.

Les Hauts-de-France, l’une des régions où l’on prescrit le plus d’antibiotiques

Les Hauts-de-France sont la deuxième région de France en matière de volume de prescription par habitant avec 2,59 prescriptions pour 1 000 habitants par jour, contre une moyenne nationale de 2,31 prescriptions. De façon plus globale, la France est au niveau européen l’un des pays où les prescriptions y sont les plus importantes avec par exemple un volume deux fois supérieur à celui constaté en Allemagne.

Limiter la consommation d’antibiotiques en luttant contre les infections bactériennes

Le premier levier pour lutter contre l’antibiorésistance est de limiter les besoins en antibiotiques de la population, et donc la survenue des infections bactériennes. Plusieurs actions simples sont possibles pour cela :

  • Tenir à jour sa vaccination tout au long de sa vie. Des vaccins permettent en effet de se protéger et protéger les autres contre plusieurs maladies bactériennes comme la coqueluche ou le tétanos ;
  • Se laver régulièrement les mains, en particulier avant chaque repas, après être allé aux toilettes ou après avoir fréquenté un lieu public comme les transports en commun ;
  • Pratiquer scrupuleusement les gestes barrières, notamment le port du masque, pour protéger les autres en cas de premiers symptômes comme la toux ou la fièvre. Les gestes barrières ont démontré au grand public leur efficacité concernant la Covid-19 et doivent rester un réflexe pour lutter contre les maladies virales et bactériennes.

Des outils pour limiter le mésusage des antibiotiques

Le premier comportement à adopter pour consommer des antibiotiques à bon escient est de ne les utiliser que sur prescription médicale :

  • Ne jamais utiliser d’antibiotiques prescrits précédemment pour une autre pathologie (y compris si l’on pense qu’il s’agit d’une même maladie), ou prescrits à une autre personne ;
  • Suivre scrupuleusement la durée du traitement et le dosage prescrits par le médecin ;
  • Rapporter à la pharmacie les antibiotiques non utilisés à la fin du traitement.

Plusieurs outils d’aide au diagnostic ou pédagogiques ont été développés pour favoriser l’usage des antibiotiques à bon escient.

Les TROD Angine

Des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) ont été développés pour vérifier l’origine virale ou bactérienne d’une angine grâce à un prélèvement de gorge. Ces tests peuvent être réalisés par les médecins et pharmaciens pour les orienter dans leur diagnostic. Ils permettent de limiter les traitements par antibiotiques aux seules angines bactériennes.

Les ordonnances de non prescription

La grande majorité des maladies virales courantes ne dispose pas de traitement autre que pour en atténuer les symptômes. La guérison survient naturellement en 1 à 2 semaines. Les antibiotiques ne sont pas efficaces contre ces maladies.

Pour autant, les professionnels de santé peuvent être confrontés à des patients désireux de se voir prescrire des antibiotiques, estimant par méconnaissance qu’ils seront plus efficaces pour guérir. Afin de les aider dans leur mission de pédagogie auprès des patients, ceux-ci peuvent s’appuyer sur une ordonnance de non prescription (disponible sur le site Ameli) qui explique les raisons pour lesquelles l’utilisation d’un antibiotique n’est pas pertinente.

Ressources pédagogiques

Plusieurs espaces à destination des professionnels de santé et du grand public sont disponibles pour sensibiliser aux enjeux de l’antibiorésistance et accompagner le bon usage des antibiotiques comme le site Gilar, développé par des infectiologues des Hauts-de-France en partenariat avec l’ARS ou les pages Antibio’Malin sur Sante.fr.