Hauts-de-France

Incidence et mortalité par cancers dans les Hauts-de-France Une nouvelle étude conforte la politique régionale de lutte contre les cancers

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Deux personnes de sexe féminin  l'une agé l'autre plus jeune partageant un bon moment
Le 23 janvier, Santé publique France et ses partenaires ont publié une nouvelle étude sur le nombre de nouveaux cas de cancers (incidence) et la mortalité par cancers, en France, par régions et départements. Elle conforte notamment les priorités du Projet régional de santé (PRS) Hauts-de-France 2018-2027 en matière de prévention et de prise en charge de ces pathologies.

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Le 23 janvier, Santé publique France et ses partenaires ont publié une nouvelle étude sur le nombre de nouveaux cas de cancers (incidence) et la mortalité par cancers en France. Les dernières données disponibles à ce sujet portaient sur la période 1980-2012. Déclinée pour chaque région, cette publication affine pour la première fois les estimations jusqu’à l’échelle départementale.
Il s’agit d’une importante évolution qui permet de situer les Hauts-de-France par rapport aux moyennes nationales sur la période étudiée.

Cette description complète des cancers par région et pour l’ensemble des départements répond en particulier aux besoins des ARS, pour l’orientation et le déploiement de la stratégie régionale de lutte contre le cancer. La présente étude conforte notamment les priorités du projet régional de santé (PRS) Hauts-de-France 2018-2027 en matière de prévention et de prise en charge de ces pathologies.

4 points pour mieux comprendre les enseignements de l’étude :

  • Les cancers étudiés dans le cadre de cette étude correspondent à l’exposition à des facteurs de risque survenue à la fin des années 90. Le passage d’une cellule cancéreuse à une tumeur est un processus long qui peut en effet durer plusieurs dizaines d’années. 
  • La moitié de l’augmentation du nombre de cancers est attribuable aux évolutions démographiques, c’est-à-dire à l’augmentation de la population et à son vieillissement. En presque 30 ans, l’incidence des cancers en France a progressé de + 135% passant de 170 000 nouveaux cas par an en 1989, à 400 000 en 2017. 
  • Une partie de l’augmentation est à l’accroissement de l’exposition aux facteurs de risques : comportements (tabac, alcool, habitudes alimentaires, surpoids…) ou environnement. 
  • L’augmentation du nombre de cancers témoigne aussi de l’amélioration des techniques de dépistage et de diagnostic.

Les principaux enseignements pour les HDF

Il ressort de l’étude que la région Hauts-de-France est la plus impactée par le cancer : 

  • 32 661 nouveaux cas de cancers par an, 
  • 15 150 décès par an,
  • Soit la première pathologie 1er rang chez les hommes et la seconde chez les femmes en termes d’incidence, 
  • Première cause de mortalité. 

Les localisations cancéreuses les plus fréquentes sont les mêmes qu’au niveau national :

  • Homme : prostate, poumon, colorectum ;
  • Femme : sein, colorectum, poumon.

Ces nouvelles données départementalisées montrent des disparités territoriales relativement importantes (sur-incidence et surmortalité) dans les départements du Pas-de-Calais et du Nord pour de nombreux cancers. L’Oise en revanche se distingue par des taux d’incidence et de mortalité proches de la moyenne nationale, voire en-deçà pour certaines localisations cancéreuses.

Elles mettent en évidence également une problématique concernant les cancers de la lèvre, de la bouche, du pharynx et de l’œsophage ainsi que pour le cancer du poumon, chez les hommes notamment dans les départements du Pas-de-Calais et du Nord. 
Enfin, malgré les dépistages organisés, la mortalité due aux cancers du sein et colorectal reste importante dans la région.

Près de la moitié des cancers sont attribuables à des facteurs de risque comportementaux ou environnementaux

La survenue d’un cancer résulte d’expositions à un ou plusieurs facteurs de risque comportementaux et/ou environnementaux. Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), dans une étude publiée en 2018, montre que 41.1% des nouveaux cas de cancer, soit 142 000 cas/an, sont attribuables à des facteurs de risque comportementaux ou environnementaux. Une partie importante des cancers pourrait donc être évitée par des changements de comportements. L’étude du CIRC montre que le tabac est à l’origine du plus grand nombre de cas (19,8%, soit 68 000 nouveaux cas de cancers en France/an), suivi de la consommation d’alcool, de l’alimentation, du surpoids et de l’obésité (responsables respectivement de 8%, 5,4%, et 5,4% de l’ensemble des nouveaux cas de cancers).

La part attribuable aux facteurs de risques comportementaux varie selon les types de cancer. Aussi, on note que pour les cancers du poumon, des lèvres, de la cavité buccale et du pharynx, de l’œsophage, l’influence des facteurs de risque étudiés est très importante (supérieure à 75%). Autrement dit, le tabagisme est, pour ces cancers, le principal facteur de risque. A noter que l’exposition conjointe au tabac et à l’alcool a un effet synergique.
Les actions de prévention ont donc un rôle majeur afin d’agir sur la survenue de ces cancers. Le tabagisme est ainsi responsable de 81,2% des nouveaux cas du cancer du poumon, 71,4% des cancers de la cavité orale et du pharynx, 64,1% des cancers de l’œsophage. La sur-incidence régionale de ces cancers traduit la prévalence (nombre de consommateurs à un moment donné) plus élevée du tabagisme quotidien en Hauts-de-France, comparativement aux autres régions. 

L’étude montre que les cancers les plus fréquents sont les cancers du sein, colorectal, du poumon, et de la prostate. Elle identifie également les cancers des voies aérodigestives supérieures ainsi que le cancer du col de l’utérus, comme particulièrement importants. L’ensemble de ces cancers est identifié comme prioritaire par l’ARS dans le projet régional de santé.

Une étude qui conforte les orientations stratégiques du PRS sur le cancer

Le cancer a toujours été identifié comme une priorité pour les Hauts-de-France, tant en termes de prévention que de dépistage et de prise en charge. Aujourd’hui, l’Agence réaffirme l’importance de la lutte contre le cancer dans le projet régional de santé (PRS) 2018-2027. Ce guide pour l’action fixe pour les 5 ans à venir la stratégie de santé dans les Hauts-de-France, dont les enjeux majeurs sont de réduire les inégalités sociales et territoriales en matière de santé et de promouvoir des comportements favorables à la santé dès le plus jeune âge.

En matière de lutte contre le cancer, 6 objectifs ont donc été fixés :

  • Promouvoir des comportements favorables à la santé dès le plus jeune âge,
  • Réduire les inégalités d'accès aux dépistages des cancers,
  • Structurer le parcours de soins des patients atteints de cancer,
  • Faciliter l'accès aux progrès et aux innovations thérapeutiques en cancérologie,
  • Améliorer la qualité de vie des malades,
  • Optimiser le pilotage et les organisations régionales.

Plus spécifiquement, en matière de prévention, les objectifs sont les suivants :

  • Renforcer les actions de promotion et de prévention des conduites addictives ayant démontré leur efficacité, en particulier envers les publics prioritaires,
  • Promouvoir l'activité physique et lutter contre la sédentarité, à tous les âges de la vie,
  • Développer la capacité d'agir en matière d'alimentation-santé.

Une offre de soins dense en cancérologie

La région bénéficie d’un très bon maillage de prise en charge en termes de cancérologie : 83 établissements de santé, proches des lieux de vie, sont autorisés à exercer une activité de soins en cancérologie par l’ARS. Ce maillage permet un accès rapide à un établissement : 11 minutes d’accès en moyenne, toute activité de cancérologie confondue.
 

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