Hauts-de-France

Incendie de l’usine Lubrizol de Rouen - le point sur les recommandations sanitaires et les résultats des analyses en Hauts-de-France

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À la suite de l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019 à l’usine Lubrizol située dans l’agglomération rouennaise, un panache de fumées a traversé une partie de la région Hauts-de-France. Retrouvez ci-dessous le point sur les recommandations sanitaires et les résultats des analyses en Hauts-de-France.
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Pour le nettoyage des suies

Pour toutes les opérations de nettoyage, portez des gants.

· en cas de présence de suie dans l’habitation et de ses abords, il convient d’éviter tout contact avec la peau et avec les muqueuses.

· Pour éviter de disperser les suies en les nettoyant, n’utilisez pas de  nettoyeur haute pression, de balai ou d’aspirateur

· Nettoyez à l’eau les fenêtres, mobiliers, jeux extérieurs et  abords. En cas de dépôts graisseux, pour les surfaces lisses et planes, il est recommandé d’utiliser du nettoyant vitres et de l’essuie tout, ou de l’eau avec du détergent et un linge propre. Changer souvent l’eau et le linge servant au nettoyage, en particulier après le nettoyage des parties extérieures des fenêtres et rebords.

· En cas de présence de suies dans les installations de ventilation, nettoyez les grilles d’entrée d’air à l’eau et changez les filtres.

En cas de contact avec les suies

· Bien se laver les mains, surtout celles des jeunes enfants, et nettoyez régulièrement les jouets et objets (par exemple les doudous) pouvant être portés à la bouche par les enfants.

· En cas de contact accidentel avec les suies, lavez les parties du corps concernées avec du savon ordinaire. En cas de contact avec les yeux, les rincer avec du sérum physiologique.

Peut-on consommer les produits du jardin ?

Il est recommandé de ne pas consommer les fruits et légumes présentant des traces de suies. En revanche, les fruits et légumes qui ne portent aucune trace peuvent être consommés sans difficultés après avoir été lavés et/ou épluchés, comme à l’ordinaire. Il faut également veiller à ne pas nourrir les animaux destinés à une auto-consommation, en particulier les poules, avec des aliments présentant des traces de suies. En cas de présence de suie dans les poulaillers, ne pas consommer les œufs.

Que faire avec l’eau de pluie que j’ai récupérée si elle est souillée par des suies ?

Cette eau ne doit pas être utilisée (pas d’arrosage du potager, ni d’abreuvage des animaux). Il convient de vider le récupérateur vers le réseau d’eaux usées ou d’eaux pluviales, puis de rincer le réservoir.

Que faire si j’ai un réseau intérieur alimenté par de l’eau de pluie ?

Déconnecter le réseau, le vidanger et le nettoyer. Ne pas le réutiliser tant que l’eau est souillée.

Toutes les analyses réalisées jusqu’ici confirment que la qualité de l’eau du robinet n’a pas été affectée par le passage du nuage de fumée dans la région, ou par les retombées.

Tableau de synthèse des prélèvements 

 

Dans l'Aisne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l'Oise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le Nord

 

 

 

 

 

 

 

Dans le Pas-de-Calais

 

  

 

 

 

 

Dans la Somme

 

Toutes les analyses réalisées jusqu’ici confirment que la qualité de l’eau du robinet n’a pas été affectée par le passage du nuage de fumée dans la région, ou par les retombées.

Les premières analyses réalisées par l’Agence régionale de santé Hauts-de-France ont porté sur les captages d’eau de surface. Ces captages d’eau de surface ont été priorisés parce qu’ils sont en contact direct avec l’air et les éventuelles retombées de suie. L’eau du robinet peut avoir deux origines : soit les nappes phréatiques (on parle de captage souterrain), soit les cours d’eau (rivière, lac naturel…). On parle alors de captage d’eau de surface. Bien sûr, l’eau pompée dans les nappes phréatiques ou dans les cours d’eau est contrôlée et traitée avant d’arriver au robinet.

Pour les captages souterrains, la temporalité est différente. Dans notre région, l’eau met en effet plusieurs semaines avant de rejoindre les nappes phréatiques. Par précaution, les analyses des captages souterrains situés sur des communes concernées par des retombées de suies ont débuté la semaine 40 et seront renouvelées régulièrement jusqu’en janvier 2020.

Tous les captages d’eau situés sur des communes concernées par des retombées de suies sont donc analysés de façon spécifique par l’Agence régionale de santé, qu’ils soient de surface ou souterrains. En plus des analyses habituelles (l’eau est l’aliment le plus contrôlé en France), ces analyses ont recherché la présence de métaux lourds (plomb…) ou de substances qui pourraient être en lien avec l’incendie de Rouen (précisément, les hydrocarbures aromatiques polycycliques et le benzène). 

L’urgence, pendant l’incendie, était de vérifier l’absence de toxicité aiguë pour les populations. Les mesures de qualité de l’air réalisées par Atmo Hauts-de-France depuis l’incendie ont fait apparaître une qualité de l’air ne dépassant pas les seuils réglementaires. Le passage de nuage de fumée a effectivement été observé sur les mesures des particules PM10 et PM2.5, ainsi que sur celles de carbone-suie, mais les concentrations mesurées ont continué à rester bien en deçà des seuils réglementaires. Depuis, les niveaux de particules observés se situent entre 5 à 20 μg/m3 en moyenne horaire (pour rappel le seuil réglementaire de recommandation et d’information  est fixé à 50 μg/m3 en moyenne journalière) et ceux de dioxyde d’azote, entre 15 à 50 μg/m3 en moyenne horaire (le seuil réglementaire de recommandation et d’information  est fixé à 200 μg/m3). Atmo Hauts-de-France continue à participer aux investigations. Dans le cadre des recherches plus approfondies, elle a complété son dispositif de surveillance en continu par :

- des analyses de prélèvements sur filtre élargies à un large panel de polluants

- un étroit suivi des déclarations effectuées sur la plateforme de signalements des odeurs (ODO – https://www.atmo-odo.fr). Atmo Hauts-de-France observe une diminution des signalements liés aux odeurs ressenties. Atmo Normandie a déployé un dispositif complémentaire depuis jeudi 26 septembre après-midi en positionnant des moyens de mesures sous la trajectoire des vents. Ces résultats ne peuvent être connus en temps réel, car ils nécessitent une analyse en laboratoire de chimie, pouvant prendre plusieurs jours. Atmo Hauts-de-France reste donc également coordonnée avec Atmo Normandie pour connaître les résultats de ces analyses approfondies notamment en hydrocarbures aromatiques polycycliques et en métaux, réalisées en supplément lors de l’incendie.

Tous les résultats des mesures en continu sont consultables en libre accès sur le site www.atmo-hdf.fr.